vendredi 6 septembre 2013

Texte : Changement de société ? - Pape François

Notre humanité vit en ce moment un tournant de son histoire,
par les progrès enregistrés en divers domaines.
Il faut faire l’éloge des acquis positifs qui contribuent au bien-être authentique de l’humanité.

Toutefois, la plupart des hommes et des femmes de notre temps
continuent de vivre dans une précarité quotidienne aux conséquences funestes :
la peur et la désespérance saisissent les cœurs de nombreuses personnes
même dans les pays dits riches ;
la joie de vivre s’amenuise ; l’indécence et la violence prennent de l’ampleur ;
et la pauvreté devient plus criante.
Il faut lutter pour vivre, et pour vivre souvent indignement.

L’une des causes de la crise financière  se trouve dans le rapport que nous entretenons avec l’argent,
et dans notre acceptation de son empire sur nos êtres et nos sociétés.
L’origine première de cette situation vient d’une profonde crise anthropologique :
la négation de la primauté de l’homme !
On s’est créé des idoles nouvelles au visage nouveau et impitoyable :
le fétichisme de l’argent, et la dictature de l’économie sans visage ni but vraiment humain.

La crise mondiale réduit l’homme à une seule de ses nécessités : la consommation.
Et pire encore, l’être humain est considéré aujourd'hui
comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter.

Cette dérive se situe au niveau de l’individu et de la société.
Et elle est promue !
La solidarité qui est le trésor du pauvre, est souvent considérée comme contre-productive,
comme contraire à la rationalité financière et économique.
Avec l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière,
niant ainsi le droit de contrôle aux États chargés pourtant de pourvoir au bien-commun,
le revenu d’une minorité s’accroît de manière exponentielle,
et celui de la majorité s’affaiblit.

Ses lois et ses règles installe alors une nouvelle tyrannie invisible et virtuelle,
qui s’impose unilatéralement, et sans recours possible.
En outre, l’endettement et le crédit éloignent les pays de leur économie réelle,
et les citoyens de leur pouvoir d’achat réel.
A cela s’ajoute, si besoin en est, une corruption tentaculaire
et une évasion fiscale égoïste qui ont pris des dimensions mondiales.
La volonté de puissance et de possession est devenue sans limite.

Derrière cette attitude se cache le refus de l’éthique, le refus de Dieu.
Tout comme la solidarité, l’éthique dérange !
Elle est considérée comme contre-productive ; comme trop humaine, 
car elle relativise l’argent et le pouvoir ;
On la voit comme une menace,
car elle refuse la manipulation et l’assujettissement de la personne. …

L’éthique - une éthique non idéologique naturellement –
permet  de créer un équilibre et un ordre social plus humains.
En ce sens, j’encourage les maîtres financiers et les gouvernants de vos pays,
à considérer les paroles de saint Jean Chrysostome :
"Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens,
  c’est les voler et leur enlever la vie.
  Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs".

L’argent doit servir et non pas gouverner !
Le Pape aime tout le monde : les riches comme les pauvres.
Mais il a le devoir de rappeler au riche qu’il doit aider le pauvre, le respecter, le promouvoir.
Il appelle à la solidarité désintéressée et à un retour de l’éthique pour l’humain 
dans la réalité financière et économique.

Le bien commun ne devrait pas être un simple ajout,
un simple schéma conceptuel de qualité inférieure inséré dans les programmes politiques,
mais créer une nouvelle mentalité politique et économique
qui contribuera à transformer l’absolue dichotomie 
entre les sphères économique et sociale en une sa,ine cohabitation. …

     - Extraits du discours aux ambassadeurs du 16 mai 2013 -

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vendredi 23 août 2013

Texte : Partager, c’est multiplier – Pape François

Aucun effort de pacification ne sera durable,
il n'y aura ni harmonie, ni bonheur
pour une société qui ignore, qui met en marge
et abandonne dans la périphérie une partie d'elle-même.

Une telle société s'appauvrit ainsi simplement
et perd même quelque chose d'essentiel pour elle-même...
C'est seulement quand nous sommes capables de partager
que nous nous enrichissons vraiment.
Tout ce qui se partage se multiplie.

La mesure de la grandeur d'une société est donnée
par la façon dont elle traite celui qui est le plus nécessiteux,
qui n'a rien d'autre que sa pauvreté…

Mais il existe une faim plus profonde,
la faim d'un bonheur que seul Dieu peut rassasier.
Il n'y a ni véritable promotion du bien commun,
ni véritable développement de l'homme
quand on ignore les piliers fondamentaux
qui soutiennent une société : ses biens immatériels...

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lundi 24 juin 2013

Texte : Les liens sociaux - Etienne Grieu

On se connait,
on a fait ensemble un bout de route,
nous comptons l'un pour l'autre,
et l'un sur l'autre.
Désormais, quelque chose nous relie
que rien ne peut effacer.

Je ne peux pas faire
comme si cela n'existait pas.
Ces liens peuvent être oubliés,
mais dès lors qu'ils ont été tissés,
ils sont là, déposés en nous,
pour toujours...

Si nous tenons debout,
c'est parce que nous sommes appelés,
et cela, non pas ponctuellement,
mais par des liens d'un certain type :
non soumis à condition,
non révocables en cas de mauvais résultats,
des liens qui ont quelque chose de définitif
sans pour autant nous tenir en laisse...
Ils sont une expression privilégiée de la confiance.

Ces liens ne sont pas forcément visibles,
ils se sont tissés lentement,
dans le secret,
et ne sont pas là sans cesse à se faire entendre,
à se rappeler à notre souvenir,
ils sont discrets.

Raison de plus pour ne pas les oublier...
Car sans liens de ce type,
rien ne naît, rien ne tient,
il ne reste plus que des éléments épars et furtifs,
qui, même s'ils peuvent faire un instant impression,
ne pèsent pas plus lourd que la paille balayée par le vent...


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