dimanche 10 mars 2024

Etrange étranger ! - Annick Lhuillier

Etrange magicien Majorquais
- Photo "Etrange magicien Majorquais" de Anik191

Qu'il est étrange, cet étranger !
Son allure, son regard,
son vêtement encombrant, chatoyant, bigarré,
son air préoccupé, et même son sourire...
Tout nous semble bizarre, surprenant, détonnant
et parfois inquiétant,
face à ce mal aimé des rumeurs médiatiques.

Mais n'est-ce pas le lot
de tout les étrangers de tous les continents ?
Moi-même,
quand je m'évade au pays du soleil,
ou celui du travail,
Comment suis-je perçue ?
ne suis-je pas cet étrange bonne femme ?
cet étrangère bizarre au regard différent,
aux mœurs inquiétantes,
à l'allure débraillée, ou si peu habillée
dont on devrait se méfier, qu'on voudrait éviter
et rejeter peut-être...
pour pouvoir ronronner dans sa tranquillité ?

Pas besoin d'aller loin pour être un étranger !
Dans son propre quartier, au sein du même village,
et même dans sa famille,
du moment que l'on pense ou agit
de manière non conforme à ce qui est établi !

Étrange idée sur l'étranger...
N'est-il pas au contraire cette bouffée d'air frais
qui bouscule quelque peu nos principes rigides,
nos manies installées, nos idées préconçues,
notre sérénité ?

N'est-il pas cette vitale respiration
des échanges humains qui maintienne en santé
l'humanité vivante si diversifiée ?
La circulation du sang du monde...
ne peut se faire que par celle, libre, de l'étranger !

Retrouvons l'esprit d'accueil et d'ouverture
entre les étrangers d'ici que nous sommes pour les autres
et ceux d'ailleurs que nous croisons ici.
Au final, l'étranger, si on lui laisse un peu de liberté
a toutes les chances d'être un réel bienfait
pour régénérer un groupe un peut trop installé !

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dimanche 19 janvier 2014

Texte : Tous des « pauvres » qui s’ignorent - Annick Lhuillier

Le manque du nécessaire
pour un nombre croissant de personnes
est d’autant plus scandaleux
que chaque être humain raisonnable
sait bien que sa vie est fortement dépendante
de celle des autres
en regard des aléas de la vie
qui touchent tout le monde sans exception.
La solidarité, le partage et l’entraide
sont indispensables pour que l’humanité survive
et vive heureuse et en paix.
Quoi que nous pensions,
on vit tous sur le même bateau « terre »

Pourtant, l’homme du XXIe siècle
cultive son individualisme :
l’autre devient souvent une ‘ressource’
à utiliser, à rentabiliser, à ignorer ou à combattre…
Il est plus un congénère, solidaire par nécessité,
qu’un frère participant activement à un devenir commun.
Mais la réalité est là :
nul ne peut survivre seul,
être heureux seul…
nul ne peut se placer anarchiquement
‘au dessus des autres’,
sans générer jalousies,
conflits destructeurs,
injustices criantes
provoquant souffrances et malheurs… pour tous !
Nous avons tous besoin les uns des autres
et chaque personne, quelle qu'elle soit,
a son importance pour l'ensemble,
de par la particularité unique qui la caractérise.

Nous nous devons d’assumer chacun nos pauvretés
et reconnaître avec une certaine humilité
la bienveillante participation
d’un très grand nombre de personnes
qui contribuent à notre bien être au quotidien.
Peut-être alors, changerons-nous
notre regard posé sur les personnes fragiles et démunies :
ce sera nous, un jour : ne serait-ce qu’avant de mourir…
Elles aussi, ont un intérêt certain pour l’humanité
car elles ont des ressources latentes ou cachées
ne demandant qu’à être révélées dans la confiance.
Ainsi accepterons-nous peut-être
le fait désagréable que nous sommes nous aussi
des pauvres en puissance, mais qui s’ignorent…
Alors seulement, le monde pourra devenir
plus solidaire et plus fraternel.

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lundi 30 décembre 2013

Texte : L’automobiliste – Gustave Thibon

Country roads
- Photo "Country Roads" de Claudine Booth

On se croise,
on se suit,
on se dépasse,
on ne se rencontre pas
sauf sous la forme brutale de la collision...
Et l'aimable coup de chapeau
fait place au furieux coup de klaxon.
Ce chauffeur qui, sur une route sinueuse,
roule trop lentement devant nous,
ce n'est plus notre prochain
mais un obstacle ambulant,
une cause d'embouteillage,
un mangeur de moyenne, etc.
Tout sauf un être humain
auquel on concède le droit d'admirer le paysage...


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jeudi 19 décembre 2013

Cri de pauvre : La mort d'un enfant - Roland Giraud

- Credit Image Creative commons -

J'ai connu la détresse.
Parce qu'un enfant, c'est la chair de sa chair.
Perdre un enfant, c'est le grand malheur par excellence.
Car c'est une chose qui n'est pas naturelle. ...

Les moyens de m'en sortir ? ...
On continue à vivre, à travailler.
On peut vivre blessé !
Même si, dans mon cas, beaucoup de gens
se sont mis à changer de trottoir.
De très bons copains m'évitaient,
et m'évitent encore,
parce qu'ils ne savent pas quoi dire.

Que dire au copain qui change de trottoir
neuf ans après la mort de Géraldine ?
j'ai envie de lui dire :
"si cela t'était arrivé à toi, je t'aurais appelé."
Je ne vois pas pourquoi on s'appelle
quand ça va bien, et pas quand ça va mal.
Quand ça allait bien, j'avais des dizaines de copains.

La compassion, c'est demander à l'autre :
"Y a-t-il quelque chose que je peux faire pour toi ?"
Oui, je pense que l'on doit partager la peine.
Cela fait partie de l'amour d'autrui.

- Lu dans le mensuel "Panorama" -

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mardi 17 décembre 2013

Texte : Le feu... - Xavier Grall

Sweet fire
- Photo "Sweet fire" de Buz_flickr

Le feu est mon soleil d'hiver.
Ça craque, ça flambe, ça va, c'est bon...
Assis dans l'âtre, les chiens Maël et Mélenn à mes pieds,
je l'entretiens et le tisonne.

Le feu : l'élément et le principe.
Feu-père, disait-on en Bretagne.
Et l'on dansait tout autour, sur les collines,
le jour de la Saint-Jean.

Le feu : mon été dans le froid d'octobre.
Au fait, cette cheminée paysanne
n'est-elle pas le cœur de Botzulan ?
Le cœur brûlant...

Je ne saurais concevoir demeure humaine
sans une place pour le feu, dans son centre.
N'est-ce pas à la flamme primordiale
que l'on identifiait naguère la maison des hommes ?
Tel hameau, tant de feux.

Aujourd'hui, les architectes désignent les appartements
sous le nom sinistre de cellules.
Glacial : on croit entendre le pas des geôliers,
le grincement des judas !
Ô cités carcérales, comme elle est chaude ma liberté !

Ce geste immémorial : approcher nos mains du feu.
Comme si nous voulions, non seulement nous réchauffer,
mais encore étreindre dans nos bras
la lumière qui chante et qui danse.
La prendre, la posséder. L'amour, toujours,
sous toutes ses formes, partout,
s'exprime en images de feu.
Brûlons !

Le bois, chêne et châtaignier,
m'a été fourni par Jacky, mon voisin.
Feu de Dieu, il brûle bien !
Si bien qu'à l'aube il se consume encore.
Ténèbres vaincues, le feu est mon soleil d'hiver.
C'est très bon.


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vendredi 13 décembre 2013

Texte : Banalité du bien - Matthieu Ricard

Un mendiant reçoit deux billets de 50 roupies
- somme relativement conséquente au Népal -
il en donne la moitié à son compagnon d'infortune.

Une infirmière épuisée
après une nuit de garde éprouvante
reste néanmoins quelques heures de plus
pour assister un mourant qui part seul.

Ma sœur, Ève, qui s'est occupée toute sa vie
d'enfants en difficulté,
n'a jamais hésité à se lever en pleine nuit
pour accueillir un enfant qui fuguait.

Dans le métro, un Maghrébin, percevant l'angoisse
d'une voyageuse qu'il ne reverra jamais,
lui murmure : "Ne t'inquiète pas, ma fille,
ça va passer."

Au terme d'une journée trop remplie,
un ingénieur rentre de son bureau
et fait 500 m de plus pour montrer
à un étranger perdu dans la capitale
le chemin de son hôtel.

On a pu parler de la "banalité du mal".
Mais l'on pourrait aussi parler
de la "banalité du bien" en se représentant
les mille et une expressions de solidarité,
de prévenance et d'engagement
en faveur du bien d'autrui
qui jalonnent nos vies quotidiennes
et exercent une influence considérable
sur la qualité de la vie sociale...

Le bien de tous les jours est anonyme ;
Il ne fait pas la une des médias
à la manière d'un attentat,
d'un crime crapuleux,
ou de la libido d'un homme politique.
S'il y a "banalité" c'est encore le signe
que nous sommes tous potentiellement capables
de faire du bien autour de nous.


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mardi 10 décembre 2013

Texte : Temps de l'évolution - Voltaire

Il faut vingt ans
pour mener l’homme,
de l’état de plante où il est
dans le ventre de sa mère,
et de l’état de pur animal,
qui est le partage de sa première enfance,
jusqu’à celui où la maturité de la raison
commence à poindre !
Il a fallu trente siècles
pour connaître un peu sa structure !
Il faudrait l’éternité
pour connaître quelque chose de son âme !
Il ne faut qu’un instant
pour le tuer !

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dimanche 8 décembre 2013

Texte : Vous devez nous respecter - Nelson Mandela

Nelson Mandela


Vous devez nous respecter, nous,
que vous voulez écarter et dominer.
Ce faisant, vous trouverez vous-même
ce que vous avez de plus riche enfoui en vous
et que malheureusement vous ignorez encore :
votre dignité qui vous permettra de reconnaître la nôtre…

Vous pouvez nous frapper, nous pourchasser,
nous mépriser, nous emprisonner et même nous tuer.
Mais vous ne pouvez pas assassiner
notre dignité d'hommes et de femmes libres.
Nous savons d'ailleurs que votre recours à la force
démontre votre faiblesse, révèle vos failles humaines.
Nous ne vous en voulons pas,
nous voulons simplement que vous aussi,
vous découvriez le chemin de crête de la montée humaine
qui élève tous les hommes et toutes les femmes du monde,
quelles que soient leur couleur, leur croyance
et même quelles que soient leurs erreurs….

Nous sommes tous frères,
marchant vers les mêmes fins,
par-delà nos vies,
par-delà notre mort.
______________
- Lu dans « Ouest France » -
Lire l’article

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jeudi 5 décembre 2013

Cri de pauvre : Solitude - Entendu par un bénévole

Avant, je travaillais
et on discutait avec les collègues.
J'allais faire mes courses
et le vendeur me parlait du temps qu'il fait.
J'emmenais les enfants à l'école
et on papotait avec les autres parents.
Même quand je marchais dans la rue
il y avait quelqu'un pour parler, blaguer, vivre !

Maintenant, je suis au chômage, ou malade, ou vieux,
et je suis seul chez moi.
Je vais au supermarché de la ville voisine
puisqu'il n'y a plus de magasin dans mon village
ou mon quartier,
et personne ne me parle plus du temps...
même aux caisses : les gens sont trop pressés
trop stressés, trop préoccupés
ou trop fermés à l'inconnu qui passe...

Mes enfants sont grands, vivent au loin :
plus d'école non plus, et si peu de visites...
Dans la rue, plus personne !
tout le monde reste bien calfeutré dans sa voiture
ou devant son poste de télévision,
bien au chaud, bien à l'abri,
bien dans son clan, bien dans son look !

Aujourd'hui, je ne parle plus,
je ne vois plus personne,
Dans ma rue, on ne me reconnaît même plus !
Quand je mourrai,
plus personne ne s'en rendra compte !

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lundi 2 décembre 2013

Texte : Question de temps – Gabriel Garcia Marquez

Il y a toujours un lendemain,
et la vie nous donne une autre occasion
de faire bien des choses,
mais si jamais je n'ai plus que ce jour,
j'aimerais dire à tous ceux que j'aime
combien je les aime.

Le lendemain n'est garanti à personne,
qu'il soit jeune ou vieux...
Aujourd'hui peut être le dernier jour
où tu vois ceux que tu aimes.

N'attends pas, fais-le aujourd'hui,
car, si demain ne vient pas,
tu regretteras de n'avoir pas pris le temps
d'un sourire, d'une caresse, d'un baiser,
trop occupé que tu étais.

Garde près de toi ceux que tu aimes,
dis-leur à l'oreille combien tu as besoin d'eux,
aime-les et traite-les bien,
prends le temps de dire "je regrette",
"pardonne-moi", "s'il te plaît", "merci",
et tous les mots d'amour que tu connais.
Car personne ne se souviendra
de tes pensées secrètes.
Il faut qu'elles soit dites
avant que tout soit consommé …

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samedi 30 novembre 2013

Texte : Ne te fatigue pas – Pierre Imberdis

Ne te fatigue pas à courir après du vent !
Dis, où vas-tu ?
Regarde... Tu ne sais plus ton chemin.
Tu vas, tu viens.
Tu es ici, puis là.
Tu t'essouffles !
Tes idoles d'un jour sont devenues quoi ?
Regarde : tu n'as rien dans les mains.

Non, vieux frère, calme-toi.
Là, repose-toi.
C'est dans ton cœur qu'il faut creuser.
Vas-y, creuse profond.
Un jour, tu découvriras peut-être
ce qui est important dans la vie.
Peut-être tu verras, un matin,
au bout de ton effort
l'étoile qui brille au fond de ton cœur.

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vendredi 29 novembre 2013

Texte : Non à une économie de l'exclusion - Pape François

De même que le commandement
de “ne pas tuer”
pose une limite claire
pour assurer la valeur de la vie humaine,
aujourd'hui, nous devons dire
“non à une économie de l’exclusion
et de la disparité sociale”.
Une telle économie tue.

Il n’est pas possible que
le fait qu’une personne âgée
réduite à vivre dans la rue et meure de froid,
ne soit pas une nouvelle,
tandis que la baisse de deux points en bourse
en soit une.
Voilà l’exclusion.

On ne peut plus tolérer
le fait que la nourriture se jette,
quand il y a des personnes
qui souffrent de la faim.
C’est la disparité sociale.

Aujourd'hui, tout entre dans le jeu
de la compétitivité et de la loi du plus fort,
où le puissant mange le plus faible.
Comme conséquence de cette situation,
de grandes masses de population
se voient exclues et marginalisées :
sans travail, sans perspectives,
sans voies de sortie.

On considère l’être humain en lui-même
comme un bien de consommation,
qu’on peut utiliser et ensuite jeter.
Nous avons mis en route la culture du “déchet”
qui est même promue.

Il ne s’agit plus simplement
du phénomène de l’exploitation et de l’oppression,
mais de quelque chose de nouveau :
avec, l’exclusion reste touchée, dans sa racine même,
l’appartenance à la société dans laquelle on vit,
du moment qu’en elle
on ne se situe plus dans les bas-fonds,
dans la périphérie, ou sans pouvoir,
mais on est dehors.

Les exclus ne sont plus [considérés comme] des ‘exploités’,
mais [comme] des déchets, ‘des restes’.
___________________
- Extrait de la nouvelle encyclique "Evangelii Gaudium" -
  Pour la lire au complet, cliquer ici.

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jeudi 28 novembre 2013

Texte : La liberté - Jacques Prévost

En contre jour
- Photo "En contre jour" de V.Tara -

La Liberté,
Ce n'est pas partir,
c'est revenir,
Et agir,
Ce n'est pas prendre,
c'est comprendre,
Et apprendre,
Ce n'est pas savoir,
c'est vouloir,
Et pouvoir,
Ce n'est pas gagner,
c'est payer,
Et donner,
Ce n'est pas trahir,
c'est réunir,
Et accueillir.

La Liberté,
Ce n'est pas s'incliner,
c'est refuser,
Et remercier,
Ce pas un cadeau,
c'est un flambeau,
Et un fardeau,
Ce n'est pas la faiblesse,
c'est la sagesse,
Et la noblesse,
Ce n'est pas un avoir,
c'est un devoir,
Et un espoir,
Ce n'est pas discourir,
c'est obtenir,
Et maintenir.

Ce n'est pas facile,
C'est si fragile,
La Liberté,

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samedi 23 novembre 2013

Texte : Demeurer dans la paix – Yves Boulvin

Coucher de soleil sur le tas de pois
- Photo "Coucher de soleil sur les Tas de Pois" de Didier BreizHorizon" -

Suis-je conscient que, chaque jour une Paix,
une sérénité totales m’habite ?
Si vraiment je le réalise,
je ne resterai plus dans mes mouvements d’humeur,
dans mes peurs, dans mes colères...
Car au-delà, plus profondément que mes émotions,
interprétations, projections, "cinémas" mentaux…
Oui, tout au fond,
il y a une paix inébranlable, inentamée,
un endroit où je suis totalement aimé par Dieu,
à chaque instant.

Quoique je vive,
que je me sente bien ou pas, qu’il fasse beau ou pas,
que la journée se soit bien ou mal passé selon moi…
dans ma profondeur, je suis dans une Paix totale.

Le réaliser au quotidien
va me permettre de m’y ressourcer
de plus en plus souvent,
puis, quasiment d’une façon permanente :
* Je m’énerve, ou reçois des mauvaises nouvelles ?
   je reviens dans ma paix intérieure.
* J’ai dit ou reçu des mots qu’il ne fallait pas
   je me mets dans la Paix.
* Je ne suis pas content de moi ?
   Je reviens à la Paix intérieure.
Quand les choses ne se passent pas comme je voudrais,
immédiatement j’analyse ce qui s’est passé,
j’en tire des conclusions, des leçons pour l’avenir,
et je me mets à nouveau dans ma Paix intérieure.

Tout au long de la journée, je vais faire ce mouvement,
et je vais me sentir mieux, pacifier mon âme
pour en faire "mon Ciel" qui m’habite en profondeur,
lieu de ma demeure, de mon repos,
là où je me ressource, où je m’établis :
mon sanctuaire intérieur.

Avec cet exercice quotidien,
je reviens peu à peu à la paix intérieure
et j’y demeure tout en vaquant à mes occupations !
Ce mouvement permanent de retour à ma nature profonde
- qui est déjà là, et totalement en Paix -
va me permettre de mieux réagir aux événements de la journée…

Ainsi, je prends "des pauses pour me positionner"
dans un silence habité et dense.
Je me pose dans cet endroit de paix,
j'arrête ma pensée un moment pour faire le vide,
mais un vide qui s’ouvre sur la présence de Dieu, sur l’infini…
Dans cette profondeur en moi, je trouve une densité,
une présence totale où je peux me ressourcer
et où j’éprouve un sentiment d’éternité…
Alors, la présence immuable et aimante de Dieu
à chaque instant en moi, dans ma profondeur,
pacifie mon âme.

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dimanche 17 novembre 2013

Texte : La fillette aux vieux os – Jean Rodhain

Elle ramassait les vieux os.
Elle ne savait ni lire ni écrire.
Elle n’avait même pas fait sa première communion.
Elle ignorait le catéchisme, car sa famille trop pauvre,
en avait besoin pour chercher le bois en forêt
et pour garder les trois autres à la maison.

Maison, c’est une façon de parler car, après cent misères,
leur logis n’était justement qu’un cachot désaffecté
tant il était insalubre :
les quatre enfants habitaient ce cachot avec la mère et le père.
Ce père, afin de laisser aux siens un peu de pain,
demeurait parfois au lit pendant les heures du jour
pour supporter en silence la faim canine qui le tenaillait.
Jean-Marie, le plus jeune des enfants,
fut un jour surpris à l’église
grattant les bavures de cire des cierges
pour apaiser sa faim .

C’est de ce « bouge infect et sombre » que cette gamine
sortit un matin pour aller vers la forêt chercher du bois,
et quelques os, pour les revendre à Alexine Baron, la chiffonnière du pays.
Elle revint au cachot avant midi les mains vides,
mais avec une richesse à faire accourir le monde entier.

J’oubliais, en effet, de vous préciser
que cette fille sans première communion
s’appelait Bernadette Soubirous.
Et le monde entier accourt, depuis plus de cent ans, vers la grotte
et visite inlassablement le cachot « infect et sombre »
où l’enfant rentra sagement
après chacune des dix-huit conversations
face à face avec Marie, Mère du Christ.

Ainsi, pour déclencher un tel torrent de ferveur et de curiosité,
pour révéler un tel Message,
la Mère de Dieu a choisi l’enfant LA PLUS MISERABLEMENT PAUVRE
de cette pauvre bourgade !
Comment est-il possible d’arriver à Lourdes
sans être saisi et bouleversé par ce geste du Ciel
mettant le doigt sur la misère personnifiée :
cette fillette ramassant les vieux os.

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samedi 16 novembre 2013

Texte : Le pouvoir de l’argent – Annick Lhuillier

Aujourd'hui, l’argent est dématérialisé,
il n’est plus l’espèce sonnante et trébuchante
qu’on sort avec parcimonie de sa poche
pour monnayer une acquisition devenue nécessaire.
Il n’est plus cet objet symbolique qui facilite le troc.
C’est devenu un alignement de chiffres
dans un fichier informatique,
un bien ayant, grâce à un calcul magique,
une valeur en soi :
on le possède, on le rentabilise, on spécule dessus.

Il ne sert plus à échanger mais à enrichir ou ruiner.
Il ne permet plus de réunir
un vendeur et un acheteur,
un artisan et un client
mais il sépare et divise :
celui qui veut s’enrichir plus
et celui qui n’en a plus assez pour vivre,
celui qui a peur de le perdre
et celui qui n’arrive plus à le gagner.

L’argent, ‘la tune’ des fascinés par son pouvoir,
devient une sorte d’idole quand il est acquis
pour lui-même ou ce qu’il représente :
la notoriété, le pouvoir, la puissance,
l’anarchie individuelle...
L’envie généralisée d’en avoir toujours plus
a provoqué la crise mondiale actuelle
qui fait des ravages dans les populations du globe.
 Il a asservi la mondialisation pourtant prometteuse au départ,
et a créé des situations ingérables et particulièrement injustes.
La spéculation honteuse sur les produits alimentaires
de première nécessité qui affame des régions tout entières
en est l’exemple type.

L’argent a transformé la ‘personne’,
riche de son humanité et de son rêve d’harmonie,
en ‘consommateur’ avide et insatiable.
Aujourd'hui une grande partie de l’humanité
est littéralement asservie par son pouvoir.
Pour lui, on détruit la planète
en la vidant de ses ressources naturelles
pourtant vitales pour l'homme.
Par les scandales humanitaires et les guerres qu’il provoque,
il détruit tout un pan de l’humanité...
Aujourd'hui, l’argent n’est plus au service de l’homme,
mais l’homme devient chaque jour un peu plus
esclave de l’argent…

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jeudi 14 novembre 2013

Texte : La gentillesse- Anonyme

Un bonjour, une gentillesse,
C’est une prévenance, une caresse,
C’est un merci, une promesse,
C’est un petit rien, pour faire plaisir,
C’est un geste tendre, un sourire,

C’est ce qui rend la vie plus belle,
C’est ce qui donne au cœur des ailes,
C’est une partie de l’amour, de l’amitié,
C’est ce qui fait sentir que l’on est aimé,

C’est le rappel d’un souvenir commun,
C’est le sentiment de ne faire plus qu’un,
C’est l’essence même de la vie,
C’est ce qui disperse et tue l’ennui,

C’est quelqu'un qui s’informe de toi,
C'est penser à l’autre et s’oublier…

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lundi 11 novembre 2013

Texte : Je n'aime pas la guerre - Jean Giono

Je n'aime pas la guerre.
Je n'aime aucune sorte de guerre.
Ce n'est pas par sentimentalité.
Je suis resté quarante-deux jours
devant le fort de Vaux et il est difficile
de m'intéresser à un cadavre désormais.

Je ne sais pas si c'est une qualité ou un défaut :
c'est un fait.
Je déteste la guerre.
Je refuse la guerre pour la simple raison
que la guerre est inutile.
Oui, ce simple petit mot.
Je n'ai pas d'imagination.
Pas horrible ; non, inutile, simplement.
Ce qui me frappe dans la guerre
ce n'est pas son horreur : c'est son inutilité.
Vous me direz que cette inutilité précisément est horrible.
Oui, mais par surcroît.

Il est impossible d'expliquer
l'horreur de quarante-deux jours d'attaque devant Verdun
à des hommes qui, nés après la bataille, sont maintenant
dans la faiblesse et dans la force de la jeunesse...

Vous ne pouvez pas leur prouver l'horreur.
Vous n'avez plus rien à votre disposition que votre parole :
vos amis qui ont été tués à côté de vous
n'étaient pas les amis de ceux à qui vous parlez ;
la monstrueuse magie qui transformait
ces affections vivantes en pourriture,
ils ne peuvent pas la connaître ;
le massacre des corps et la laideur des mutilations
se sont dispersés depuis vingt ans
et se sont perdus silencieusement
au fond de vingt années d'accouchements journaliers
d'enfants frais, neufs, entiers, et parfaitement beaux.

À la fin des guerres il y a un mutilé de la face,
un manchot, un boiteux, un gazé... pour dix hommes ;
vingt ans après il n'y en a plus qu'un pour deux cents hommes ;
on ne les voit plus ; ils ne sont plus des preuves.
L'horreur s'efface.

Et j'ajoute que malgré toute cette horreur,
si la guerre était utile
il serait juste de l'accepter.
Mais la guerre est inutile
et son inutilité est évidente.
L'inutilité de toutes les guerres est évidente.

Qu'elles soient défensives, offensives, civiles,
pour la paix, le droit, pour la liberté,
toutes les guerres sont inutiles.
La succession des guerres dans l'histoire
prouve bien qu'elles n'ont jamais conclu
puisqu'il a fallu recommencer les guerres.

La guerre de 1914 a d'abord été pour nous, Français,
une guerre défensive.
Nous sommes-nous défendus ? Non !
Nous sommes au même point qu'avant.
Elle devait être ensuite la guerre du droit.
A-t-elle créé le droit ?
Non, nous avons vécu depuis,
des temps pareillement injustes.

Elle devait être la dernière des guerres ;
elle était la guerre à tuer la guerre.
L'a-t-elle fait ? Non...
elle n'a tué que des hommes inutilement.
La guerre d'Espagne n'est pas encore finie
qu'on aperçoit déjà son évidente inutilité.

Je consens à faire n'importe quel travail utile,
même au péril de ma vie.
Je refuse tout ce qui est inutile
et en premier lieu la guerre
car son inutilité est aussi claire que le soleil.

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mercredi 6 novembre 2013

Texte : Le doute et la preuve - Anne Miranda

Brume tree
- Photo "Brume tree" de Lalie Sorbet - 

Entre certitudes et convictions étayées :
le doute.
Douter de quoi ?
De qui ?
Pourquoi ?

Douter pour agir,
comprendre, penser...
Le doute pour soi,
le doute pour les autres.
Le doute non pas pour se perdre, se fondre,
mais pour s'accorder, pour avancer.

Entre le doute et la preuve,
le questionnement.
Le questionnement, comme une porte ouverte
sur un autre possible,
ni révolutionnaire, ni polémique,
juste à l'écoute, juste attentif.

Le questionnement pour les réponses,
mais surtout pour la rencontre.
La preuve comme une quête,
le questionnement,
comme une œuvre d'humanité.

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lundi 4 novembre 2013

Texte : Le courage d'être heureux - Georges Bergoglio

Dans la culture du provisoire, du relatif,
beaucoup prônent que l’important
c’est de jouir du moment,
qu’il ne vaut pas la peine
de s’engager pour toute la vie,
de faire des choix définitifs,
car on ne sait pas ce que nous réserve demain.

Moi, au contraire,
je vous demande d’être révolutionnaires,
je vous demande d’aller à contre-courant.
Oui, en cela je vous demande de vous révolter
contre cette culture du provisoire,
qui, au fond, croit que vous n’êtes pas
en mesure d’assumer vos responsabilités,
elle croit que vous n’êtes pas capables
d’aimer vraiment.
Ayez le courage d’« aller à contre-courant ».
Et ayez aussi le courage d’être heureux.

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