mercredi 26 juin 2013

Texte : Les baguettes - Conte oriental

Un jour, on demanda à un sage de donner sa vision du paradis et de l'enfer.
En enfer, dit-il, je vois des hommes qui sont attablés
devant de grands plats de riz,
mais ils meurent de faim, car les baguettes
à leur disposition pour se nourrir
sont longues de deux mètres !

"Au paradis par contre, je vois les mêmes hommes
assis à la même table et tenant les mêmes baguettes !
Mais ceux-là sont heureux et en bonne santé.
Car chacun se sert de ses baguettes
pour nourrir celui qui est en face de lui...


Libellés : , , , ,

mercredi 16 janvier 2013

Conte : La tortue - Anonyme


Aldabra Giant Tortoise, Bird Island
- Photo : Tortue géante de Bird Island, de Twiga_swala -


Les animaux étaient mécontents des hommes. 
Ils tinrent un grand conseil et chacun y alla de son grief : 
"Ils volent mes oeufs dès que je les ai pondus, dit la poule. 
- Ils me tuent et ils me prennent les steaks, dit le boeuf. 
- Ils me chassent et ils se régalent de ma chair", dit le lièvre.

La tortue n'avait pas parlé et souriait dans sa barbe. 
"Et toi, ils ne te prennent rien ? 
- Oh, répond-elle paisiblement, il y a bien quelque chose 
qu'ils aimeraient me prendre s'ils le pouvaient, 
parce qu'ils disent toujours en manquer : moi, j'ai du temps !" 

Libellés : , , , ,

samedi 12 janvier 2013

Conte : Les yeux de l'âme - Anonyme


Deux hommes, tous les deux gravement malades, occupaient ma même chambre d'hôpital. L'un d'eux devait s'asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi, afin de mieux respirer. Son lit était à côté de la seule fenêtre de la chambre. L'autre devait passer ses journées couché sur le dos.

Les deux compagnons d'infortune se parlaient pendant les heures. Ils parlaient de leurs épouses et familles, décrivaient leur maison, leur travail, leur participation dans le service militaire et les endroits où ils avaient été en vacances. Et chaque après-midi, quand l'homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s'asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu'il voyait dehors. L'homme dans l'autre lit commença à vivre pour ces périodes d'une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur :

De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac. Les canards et les cigognes jouaient sur l'eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs bateaux modèles réduits. Les amoureux marchaient bras dessus, bras dessous, parmi des fleurs aux couleurs de l'arc-en-ciel. De grands arbres décoraient le paysage et on pouvait apercevoir au loin, la ville se dessiner. Pendant que l'homme près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l'homme de l'autre côté de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène pittoresque. Lors d'un bel après-midi, l'homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par-là. Bien que l'autre n'ait pu entendre l'orchestre, il pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le dépeignait de façon vivante.

Les jours et les semaines passèrent. Un matin, l'infirmière trouva le corps sans vie de l'homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil. Dès qu'il sentit que le temps était approprié, l'autre demanda s'il pouvait être déplacé à côté de la fenêtre. L'infirmière, heureuse de lui accorder cette petite faveur, s'assura de son confort, puis le laissa seul.

Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu, en s'appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d'œil dehors : enfin, Il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami lui avait décrit. Il s'étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit. Or, ce qu'il vit, fut un mur !

L'homme demanda à l'infirmière pourquoi son compagnon de chambre décédé, lui avait dépeint une toute autre réalité. L'infirmière répondit que l'homme était aveugle et ne pouvait pas voir le mur. "Peut être a-t-il seulement voulu vous encourager", commenta-t-elle !

Épilogue : il y a un bonheur extraordinaire à rendre d'autres heureux, en dépit de nos propres épreuves. La peine partagée réduit de moitié la douleur, mais le bonheur, une fois partagé, s'en trouve doublé.

parc fleuri
- Parc fleuri, par romyna2304 -


Libellés : , , , , ,

mardi 28 août 2012

Texte : Danser sa vie - Conte d'Islam


De passage dans un petit village d'Anatolie, le célèbre imam tant attendu était, dans la mosquée, prêt à répondre à la question :
"Comment être pleinement heureux dans toute sa vie ?"

Dans un un silence respectueux, il monte en chaire ; tous ont les yeux levés sur lui.
Sans un mot, il regarde longuement l'assemblée qui le boit des yeux, et il commence à murmurer à bouche fermée une mélodie lancinante.
Bientôt les croyants fredonnent à sa suite la mélodie.
Il chante. Tous chantent.
Il descend de la chaire et amorce doucement une danse souple et rythmée.
Certains se lèvent et lui emboîtent le pas.
Au bout de quelques minutes, c'est toute l'assemblée qui danse, totalement engagée dans le balancement des corps, le mouvement des pieds, le chant de la mélodie.
Tous, comme un seul corps uni, où les "moi" individuels disparaissent et où les vides intérieurs se creusent, remplis de la même présence d'Allah le Miséricordieux.
L'imam remonte enfin lentement en chaire.
Un grand calme s'est fait dans la mosquée.
Une paix physiquement perceptible emplit les coeurs.
Et dans le silence vibrant encore d'harmonie, l'imam fait passer son regard sur les visages qui le boivent des yeux :
"Je crois avoir bien répondu à votre question.
Là est le bonheur."

Libellés : , , , , ,

Texte : Le chat et l'ashram - Conte Bouddhiste


Dans un ashram (sorte de communauté en Inde), le gourou aimait beaucoup son chat.
Mais il se promenait pendant l'office et perturbait le recueillement des fidèles.
Le gourou demanda qu'on attache son chat pendant l'office du soir, ce qui fut fait.
Des années plus tard, le gourou mourut et on continua d'attacher le chat.
Le chat mourut et on trouva un autre chat qui fut fidèlement attaché pendant l'office du soir.
Cela continua pendant des siècles.
Des traités très sérieux existent dans cet ashram sur la nécessité d'attacher un chat pour le bon déroulement de l'office du soir !

Combien de "chats attachés" avons-nous ainsi dans nos vies ?

Libellés : , , ,