dimanche 10 mars 2024

Etrange étranger ! - Annick Lhuillier

Etrange magicien Majorquais
- Photo "Etrange magicien Majorquais" de Anik191

Qu'il est étrange, cet étranger !
Son allure, son regard,
son vêtement encombrant, chatoyant, bigarré,
son air préoccupé, et même son sourire...
Tout nous semble bizarre, surprenant, détonnant
et parfois inquiétant,
face à ce mal aimé des rumeurs médiatiques.

Mais n'est-ce pas le lot
de tout les étrangers de tous les continents ?
Moi-même,
quand je m'évade au pays du soleil,
ou celui du travail,
Comment suis-je perçue ?
ne suis-je pas cet étrange bonne femme ?
cet étrangère bizarre au regard différent,
aux mœurs inquiétantes,
à l'allure débraillée, ou si peu habillée
dont on devrait se méfier, qu'on voudrait éviter
et rejeter peut-être...
pour pouvoir ronronner dans sa tranquillité ?

Pas besoin d'aller loin pour être un étranger !
Dans son propre quartier, au sein du même village,
et même dans sa famille,
du moment que l'on pense ou agit
de manière non conforme à ce qui est établi !

Étrange idée sur l'étranger...
N'est-il pas au contraire cette bouffée d'air frais
qui bouscule quelque peu nos principes rigides,
nos manies installées, nos idées préconçues,
notre sérénité ?

N'est-il pas cette vitale respiration
des échanges humains qui maintienne en santé
l'humanité vivante si diversifiée ?
La circulation du sang du monde...
ne peut se faire que par celle, libre, de l'étranger !

Retrouvons l'esprit d'accueil et d'ouverture
entre les étrangers d'ici que nous sommes pour les autres
et ceux d'ailleurs que nous croisons ici.
Au final, l'étranger, si on lui laisse un peu de liberté
a toutes les chances d'être un réel bienfait
pour régénérer un groupe un peut trop installé !

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dimanche 19 janvier 2014

Texte : Tous des « pauvres » qui s’ignorent - Annick Lhuillier

Le manque du nécessaire
pour un nombre croissant de personnes
est d’autant plus scandaleux
que chaque être humain raisonnable
sait bien que sa vie est fortement dépendante
de celle des autres
en regard des aléas de la vie
qui touchent tout le monde sans exception.
La solidarité, le partage et l’entraide
sont indispensables pour que l’humanité survive
et vive heureuse et en paix.
Quoi que nous pensions,
on vit tous sur le même bateau « terre »

Pourtant, l’homme du XXIe siècle
cultive son individualisme :
l’autre devient souvent une ‘ressource’
à utiliser, à rentabiliser, à ignorer ou à combattre…
Il est plus un congénère, solidaire par nécessité,
qu’un frère participant activement à un devenir commun.
Mais la réalité est là :
nul ne peut survivre seul,
être heureux seul…
nul ne peut se placer anarchiquement
‘au dessus des autres’,
sans générer jalousies,
conflits destructeurs,
injustices criantes
provoquant souffrances et malheurs… pour tous !
Nous avons tous besoin les uns des autres
et chaque personne, quelle qu'elle soit,
a son importance pour l'ensemble,
de par la particularité unique qui la caractérise.

Nous nous devons d’assumer chacun nos pauvretés
et reconnaître avec une certaine humilité
la bienveillante participation
d’un très grand nombre de personnes
qui contribuent à notre bien être au quotidien.
Peut-être alors, changerons-nous
notre regard posé sur les personnes fragiles et démunies :
ce sera nous, un jour : ne serait-ce qu’avant de mourir…
Elles aussi, ont un intérêt certain pour l’humanité
car elles ont des ressources latentes ou cachées
ne demandant qu’à être révélées dans la confiance.
Ainsi accepterons-nous peut-être
le fait désagréable que nous sommes nous aussi
des pauvres en puissance, mais qui s’ignorent…
Alors seulement, le monde pourra devenir
plus solidaire et plus fraternel.

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dimanche 24 novembre 2013

Citation : Superflu et nécessaire - Annick Lhuillier

"le superflu du riche
prive le pauvre de son nécessaire"
nous disait déjà St Augustin
au IVe siècle...

Mais, aujourd'hui, en cette société
de surconsommation effrénée,
qui, du riche ou du pauvre,
a assez de courage pour se passer
de son superflu chéri ?
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samedi 16 novembre 2013

Texte : Le pouvoir de l’argent – Annick Lhuillier

Aujourd'hui, l’argent est dématérialisé,
il n’est plus l’espèce sonnante et trébuchante
qu’on sort avec parcimonie de sa poche
pour monnayer une acquisition devenue nécessaire.
Il n’est plus cet objet symbolique qui facilite le troc.
C’est devenu un alignement de chiffres
dans un fichier informatique,
un bien ayant, grâce à un calcul magique,
une valeur en soi :
on le possède, on le rentabilise, on spécule dessus.

Il ne sert plus à échanger mais à enrichir ou ruiner.
Il ne permet plus de réunir
un vendeur et un acheteur,
un artisan et un client
mais il sépare et divise :
celui qui veut s’enrichir plus
et celui qui n’en a plus assez pour vivre,
celui qui a peur de le perdre
et celui qui n’arrive plus à le gagner.

L’argent, ‘la tune’ des fascinés par son pouvoir,
devient une sorte d’idole quand il est acquis
pour lui-même ou ce qu’il représente :
la notoriété, le pouvoir, la puissance,
l’anarchie individuelle...
L’envie généralisée d’en avoir toujours plus
a provoqué la crise mondiale actuelle
qui fait des ravages dans les populations du globe.
 Il a asservi la mondialisation pourtant prometteuse au départ,
et a créé des situations ingérables et particulièrement injustes.
La spéculation honteuse sur les produits alimentaires
de première nécessité qui affame des régions tout entières
en est l’exemple type.

L’argent a transformé la ‘personne’,
riche de son humanité et de son rêve d’harmonie,
en ‘consommateur’ avide et insatiable.
Aujourd'hui une grande partie de l’humanité
est littéralement asservie par son pouvoir.
Pour lui, on détruit la planète
en la vidant de ses ressources naturelles
pourtant vitales pour l'homme.
Par les scandales humanitaires et les guerres qu’il provoque,
il détruit tout un pan de l’humanité...
Aujourd'hui, l’argent n’est plus au service de l’homme,
mais l’homme devient chaque jour un peu plus
esclave de l’argent…

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vendredi 18 octobre 2013

Texte : La pauvreté en France, un scandale ! - Annick Lhuillier

   - C'était la journée mondiale de la misère -

Comment, dans notre pays dit riche et généreux,
pouvons-nous avoir encore autant de personnes démunies ?
Nous sommes pourtant enviés pour notre système social.
Nous avons inventé les « droits de l’homme »…
Pourtant, aucun de nos gouvernants n’a pu résoudre ce problème récurrent,
véritable cancer de notre société.
Cette situation nous déstabilise tous, quelle que soit notre situation,
fort conscients qu’un accident de la vie au mauvais moment
peut nous plonger assez vite dans la spirale de la pauvreté et de l’exclusion.

La France a pourtant été forgée patiemment et courageusement,
au cours des siècles, dans une longue culture judéo-chrétienne
qui prône amour, justice et partage.
En plus, la révolution de 1789 a été initiée
à partir d’un grand désir de justice sociale bien légitime.
La laïcisation, fortement implantée dans notre pays,
a su garder très vivace l’esprit de solidarité et de partage.
Notre système social basé sur la répartition entre tous,
au lieu d'une assurance individuelle assez égoïste,
en est l’exemple caractéristique.
Pensons aussi à tous ces élans de générosité sans pareil qui s’organisent partout
dès qu’une catastrophe humanitaire se produit dans le monde.
Et la devise de la France, « Liberté Egalité Fraternité »,
se trouve inscrite en gros sur les frontons de nos mairies !

Pourtant, plus nous vivons dans l'opulence matérielle,
culturelle, de loisirs, de confort, etc.
plus le nombre d'exclus du système augmente, au point qu’à chaque élection,
on constate une dangereuse montée des partis extrémistes
stigmatisant les contestations, sans apporter de solutions réalistes !
Et ce n’est pas qu’une question de médiatisation hyper sélective
comme cela nous rassure de le penser,
mais c’est une véritable réalité sociale
qui gangrène jour après jour la société française…

Il nous faut d’urgence et par tous les moyens essayer d’enrayer,
jusqu'à ses plus petits rouages,
le mécanisme de ce scandale d’une actualité criante
et assez dangereuse pour l’avenir...
et tenter de comprendre comment aujourd'hui
les faits viennent trop souvent contredire toutes ces idées généreuses
qui ont construit notre pays au fil des siècles.

Chacun peut le faire à son petit niveau local,
avec son entourage de proximité :
il suffit d’un peu plus d’attention et d’écoute bienveillante,
et d’un peu d’imagination au jour le jour, au cas par cas,
pour que chacun (on est 60 millions de « chacuns », n’oublions pas !)
fasse un petit pas vers plus de fraternité…

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