lundi 4 décembre 2017

Cri de pauvre : Aux grands de ce monde - Gustave Thibon

"Tu n'avais pas le droit de me ressembler",
peut dire l'homme d'en bas à l'homme d'en haut.
"Tu as exaspéré et déchaîné ma bassesse
en me révélant le tienne.
L'envie qui me dévore aujourd'hui
n'est que le cadavre de ma vénération d'hier.

Tu as tué en moi le sens vivant de la hiérarchie,
la douceur et la noblesse de l'obéissance.
Elle a eu certes la vie dure,
cette image de ta justice et de ta bonté,
il a résisté longtemps ce pauvre respect ébloui
qui berçait mes rêves et ma fatigue,
mais il a bien fallu qu'il succombe
à la fin sous tes coups.

Tu as fini par me prouver que tu me ressemblais.
Eh bien ! je veux maintenant
que nous nous ressemblions tout à fait
et cette volonté s'appelle révolution,
égalitarisme, communisme...

Pressens-tu le mal que tu m'as fait ?
La justice et l'amour m'ont menti par ta bouche.
Tu m'as amputé de la meilleure partie de moi-même :
ma confiance en toi,
et en tout l'ordre humain et divin que tu représentais.
Car tu étais aussi pour le peuple
le support et le messager du ciel,
et l'image de Dieu s'est pourrie en moi avec ton image.

Par ta faute, je me suis senti seul et orphelin,
j'ai perdu ce sentiment
d'une grande réalité supérieure à moi
et qui me portait, me gardait
et nourrissait dans mon cœur
une résignation sans amertume
et une espérance sans fièvre.

J'ai cessé de me sentir dépassé,
je n'ai plus rien vu au-dessus de moi-même -
au-dessus de ma platitude et de ma faiblesse
si ce n'est le mensonge.

Comprends-tu maintenant
que j'essaie de recréer le monde
à ma misérable image ?"

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vendredi 8 novembre 2013

Cri de pauvre : Désespérance - Angelo Amatulli

J'ai voulu m'oublier,
oublier que je vivais,
Ne plus penser que j'existais.
J'ai cru pouvoir m'évader de mon corps,
Mais je ne peux m'enfouir moi-même.

J'ai cherché une terre
remplie d'arbres fruitiers,
Mais je n'ai trouvé qu'un désert aride.
J'aurais voulu que mes yeux me quittent,
Pour voyager vers un monde plus beau,
Mais mes yeux prisonniers de ma mémoire
Furent condamnés à voir la misère.

Alors j'ai étouffé ma conscience,
Mais plus forte que moi
elle revint à la vie.
J'ai voulu changer ma route,
Mais mes pieds m'ont ramené sur mes pas.

Comme je ne trouvais pas le repos,
J'ai voulu m'endormir pour toujours,
Mais lorsque j'ai fermé les yeux
pour chercher la nuit,
Un rayon de soleil m'a rempli de chaleur.
Alors j'ai ouvert les yeux
et j'ai décidé de VIVRE !


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lundi 28 octobre 2013

Cri de pauvre : Je descends la rue - Portia Nelson

addiction
- Photo "Addiction" de Cornel Gingarasu -

Je descends la rue...
Sortir d’une dépendance nécessite un cheminement,
un mode de vie de tous les jours :

Je descends la rue...
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je tombe dedans.
Je suis perdu...
je suis désespéré.
Ce n’est pas ma faute.
Il me faut du temps pour en sortir.

Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je fais semblant de ne pas le voir.
Je tombe dedans à nouveau.
J’ai du mal à croire
que je suis au même endroit.
Mais ce n’est pas ma faute.
Il me faut encore longtemps pour en sortir.

Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le vois bien.
J’y retombe quand même...
c’est devenu une habitude.
J’ai les yeux ouverts.
Je sais ou je suis.
C’est bien de ma faute.
Je ressors immédiatement.

Je descends la même rue.
Il y a un trou profond dans le trottoir :
Je le contourne.

Je descends une autre rue...

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vendredi 18 octobre 2013

Texte : La pauvreté en France, un scandale ! - Annick Lhuillier

   - C'était la journée mondiale de la misère -

Comment, dans notre pays dit riche et généreux,
pouvons-nous avoir encore autant de personnes démunies ?
Nous sommes pourtant enviés pour notre système social.
Nous avons inventé les « droits de l’homme »…
Pourtant, aucun de nos gouvernants n’a pu résoudre ce problème récurrent,
véritable cancer de notre société.
Cette situation nous déstabilise tous, quelle que soit notre situation,
fort conscients qu’un accident de la vie au mauvais moment
peut nous plonger assez vite dans la spirale de la pauvreté et de l’exclusion.

La France a pourtant été forgée patiemment et courageusement,
au cours des siècles, dans une longue culture judéo-chrétienne
qui prône amour, justice et partage.
En plus, la révolution de 1789 a été initiée
à partir d’un grand désir de justice sociale bien légitime.
La laïcisation, fortement implantée dans notre pays,
a su garder très vivace l’esprit de solidarité et de partage.
Notre système social basé sur la répartition entre tous,
au lieu d'une assurance individuelle assez égoïste,
en est l’exemple caractéristique.
Pensons aussi à tous ces élans de générosité sans pareil qui s’organisent partout
dès qu’une catastrophe humanitaire se produit dans le monde.
Et la devise de la France, « Liberté Egalité Fraternité »,
se trouve inscrite en gros sur les frontons de nos mairies !

Pourtant, plus nous vivons dans l'opulence matérielle,
culturelle, de loisirs, de confort, etc.
plus le nombre d'exclus du système augmente, au point qu’à chaque élection,
on constate une dangereuse montée des partis extrémistes
stigmatisant les contestations, sans apporter de solutions réalistes !
Et ce n’est pas qu’une question de médiatisation hyper sélective
comme cela nous rassure de le penser,
mais c’est une véritable réalité sociale
qui gangrène jour après jour la société française…

Il nous faut d’urgence et par tous les moyens essayer d’enrayer,
jusqu'à ses plus petits rouages,
le mécanisme de ce scandale d’une actualité criante
et assez dangereuse pour l’avenir...
et tenter de comprendre comment aujourd'hui
les faits viennent trop souvent contredire toutes ces idées généreuses
qui ont construit notre pays au fil des siècles.

Chacun peut le faire à son petit niveau local,
avec son entourage de proximité :
il suffit d’un peu plus d’attention et d’écoute bienveillante,
et d’un peu d’imagination au jour le jour, au cas par cas,
pour que chacun (on est 60 millions de « chacuns », n’oublions pas !)
fasse un petit pas vers plus de fraternité…

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lundi 14 octobre 2013

Citation : Quand on est pauvre - Matthieu Ricard


Quand on est pauvre parmi des pauvres
la solidarité nous sauve.
Mais ici, la misère est plus souvent noyée
dans l'anonymat matériel de la prospérité :
être pauvre parmi les riches
entraîne un isolement encore plus douloureux.
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vendredi 16 août 2013

Citation : Vous avez dit "richesses" ? - Armand Guézingar


N'avoir pour but que les richesses matérielles...
Quelle pauvreté !
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samedi 10 août 2013

Cri de pauvre : Fin de droit ! - Philippe Pichon

En 2010, un million de personnes ont cessé d'être indemnisés par l'assurance chômage.
Une sortie du système souvent synonyme de découragement et d'exclusion.

"Fin de droit" : cette expression stigmatisante
résonne comme la "fin des droit à dire, à être entendu, à exiger, à espérer" ;
elle est malheureusement tombée dans le langage usuel des institutions.
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          Imaginez-vous : 
          un million de chômeurs, en 2010,
          ne touchent plus aucune indemnisation, 
          soit : 0 € par mois, pour vivre !!!
          Et combien de chômeurs en plus depuis cette date ? 

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samedi 6 juillet 2013

Cri de pauvre : Développement durable - Stéphane Terreaux

Quand on n'a pas les moyens, 
on ne jette rien : on trie ! 
On a inventé le développement durable
depuis plus de 30 ans ! 
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samedi 29 juin 2013

Cri de pauvre : La fraternité - Entendu par une bénévole

Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager !
La fraternité n’est pas une option mais une nécessité.
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mercredi 12 juin 2013

Cri de pauvre : Non à la culture du déchet ! - Pape François


dump workers (71)
- Photo "Dump Worker 71" de Alexandre Sattler -

NON à la culture du déchet,
au gaspillage des personnes et des biens !

OUI à une culture de la solidarité, de la rencontre,
du respect de la création et de chaque personne !

Guidés par l'orgueil et la spéculation,
nous ne préservons pas la terre.
Nous ne la considérons pas comme un don gratuit
dont nous devons prendre soin.

Nous ne visons pas l'amour de Dieu pour l'homme
parce que nous vivons dans un mode horizontal
et nous nous éloignons de Dieu.

Nous ne savons pas préserver
la personne humaine qui est en danger
et l'écologie humaine
qui est strictement liée à l'environnement :
elles sont supérieures à l'économie et à la finance
qui sont dépourvus d'éthique.

Ce que je condamne aujourd'hui,
ce n'est pas l'homme, c'est l'argent.

Si l'on casse un ordinateur,
c'est une tragédie !
Mais la pauvreté, les besoins,
les drames de tant de personnes
finissent par entrer dans la normalité...

Si par exemple, ici, sur cette place, une personne meurt,
cela n'est pas une information importante !
Et si, dans une partie du monde,
des enfants n'ont pas à manger,
cela semblera normal.
Mais si on perd 10 points à la bourse,
c'est une tragédie...
Ce n'est pas acceptable !

Ainsi, nous, les personnes, sommes mises à l'écart,
comme si nous étions des déchets.

Dans la culture du déchet,
la vie humaine n'est plus perçue
comme la valeur première à respecter et à protéger,
surtout si elle est pauvre ou handicapée :
Si elle ne nous sert pas encore, comme le nouveau-né
ou ne nous sert plus, comme la personne âgée.

Cette culture du jetable
nous a aussi rendu insensible
aux gaspillages alimentaires
qui sont encore plus condamnables
quand, dans tous les lieux du monde
beaucoup de personnes souffrent de la faim
et de la malnutrition...

Quand la nourriture est partagée
de manière équitable et avec solidarité,
personne n'est privé du nécessaire
et chaque communauté peut subvenir
aux besoins des plus pauvres !


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mercredi 29 mai 2013

Cri de pauvre : La pauvreté, un crime ! - Tewfik Fares


La « pauvreté » est un crime contre l’humanité. Elle est un crime parce qu’elle tue le projet de vie que porte en eux tout homme ou toute femme qui naît au monde. Elle est un crime contre l’humanité parce qu’elle frappe des millions d’êtres humains sur la Terre. Elle est le seul crime dont on dresse rarement les statistiques de la progression ou de la régression parce que, volens nolens, il est partout en progression géométrique. Le dernier rapport de l’Organisation des Nations Unies sur le réchauffement climatique prévoit un « boum » de la pauvreté « irréparable ». Autrement dit, plus il fera chaud, plus les « pauvres » auront froid ! Dans notre monde « mondialisé », les riches deviennent chaque jour plus riches, et les pauvres chaque jour plus nombreux. On ne dit d’ailleurs plus « les riches ». On dit G7, c’est moins provoquant. On dit « seuil de pauvreté », c’est plus rassurant.

La pauvreté ne dit pas son nom. Elle se déguise, se cache, se contient, sous les équivoques de sigles et de périphrases qui témoignent de la grande hypocrisie humaine : « tiers » ou « quart-monde », RMI, CMU, SDF, Pôle Emploi, « sans-abri », « mal-logés », « sans-papiers », « personnes défavorisées », « personnes à faibles revenus », « personnes en difficultés », comme si le mot « Pauvreté » était une appellation contrôlée par les Ministères des Économies et remisée dans les oubliettes des mots honteux. 

Dans les temps reculés, pas si loin pourtant, du siècle dernier, l’espoir d’en sortir était encore un projet sociétal à portée de main. Le Progrès promettait aux enfants ce que les parents n’avaient pas pu avoir. Le niveau de vie montait peu à peu, comme le niveau de l’eau au printemps. Les fils et les filles des pauvres finissaient par faire des enfants de riches. Aujourd'hui, les fils et les filles de riches peuvent devenir des parents pauvres. La misère, aujourd'hui, est à la portée de tous !

Qu’on y prenne garde ! Le cri de l’Abbé Pierre : « la Misère a déclaré la guerre au monde ! » semblait une de ces outrances dont il fut très familier, veilleur magnifique et éveilleur tragique, prophète coupable d’insurrections importunes à la symphonie concertante de la Nouvelle Société de Consommation en laquelle chacun croyait trouver une illusoire consolation.

Qu’on y prenne garde ! Le cri de l’Abbé Pierre était plus qu’un avertissement. C’était un cri de désespoir face à « l’irréparable » qui nous guette : la Pauvreté qui croît pour le plus grand nombre proportionnellement à la richesse pour le plus petit nombre. Nul ne peut plus se dire à l’abri de cette involution qu’aucun Gouvernement, aucune Institution, ne semble en mesure de combattre, de vaincre, ni même de conjurer. Tous les repères sociaux s’estompent nous laissant dans un « brouillard d’avenir » où les loteries (grattages ou « cochages »), deviennent les deux mamelles où s’abreuvent des rêves de jours meilleurs mais improbables. Ni l’École, ni le Travail, ne tracent plus ces lignes de vies où chacun trouvait des chemins à gravir.

Le 9 juillet 1849, à la tribune de l’Assemblée, Victor Hugo s’écriait : « La misère, messieurs… voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen-Âge, Je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons !
Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l’on a constaté, après sa mort, qu’il n’avait pas mangé depuis six jours… Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses de soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière… » Et le grand visionnaire de s’écrier, sous les bravos et les applaudissements de ses honorables collègues : « Je voudrais que cette assemblée n’eût qu’une seule âme pour marcher à ce grand but, à ce but magnifique, à ce but sublime, l’abolition de la misère ! ».

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lundi 20 mai 2013

Cri de pauvre : Le handicapé - Guy Gilbert


Le handicapé souffre, autant moralement que dans sa chair.
La société l’enferme dans son corps,
Comme elle enferme le Noir ou le Jaune dans sa couleur.

Les incivilités commises contre les handicapés sont légion.
On voit juste qu’ils n’ont plus d’appuis sur leurs pieds, point barre !

Les voitures des bien-portants se garent à leur place ;
Leurs toilettes réservées sont toujours occupées, etc.

Personne ne semble imaginer combien leur vie quotidienne peut être compliquée.
La société crée le handicapé,
Comme le raciste crée le Noir ou le Juif.

Le handicapé est tout simplement un homme,
Une femme, un enfant, comme toi.

Ce qui le meurtrit, c’est surtout l’indifférence.
Comme s’il était contagieux…
Terrible sentiment de solitude !

Quand on reproche à un jeune son handicap,
On ne le regarde pas, on le juge.
Apprenez à le regarder
avec les yeux de l’émerveillement ! 

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vendredi 10 mai 2013

Cri de pauvre : Aimer c’est espérer - Christian


Aimer quelqu'un,
C’est lui dire qu’il peut s’en sortir,
Quelle que soit sa situation,
Sa souffrance ou son désespoir.

C’est lui dire :
« n’aie pas peur de toi et de ton passé,
N’aie pas peur de tes blessures,
Et du mal qu’on t’a fait,
Des conneries que tu as faites,
De l’enfance que tu as eue.
Tu es libre, tu peux changer,
Tu peux reconstruire ta vie. »

Aimer, c’est croire que chaque personne,
Blessée dans sa mémoire, dans son cœur
Ou dans son corps,
Peut faire de sa blessure
Une source de vie.

Aimer, c’est espérer pour l’autre
Et lui transmettre
Le virus de l’espérance.

- Christian est aumônier des prisons -

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vendredi 3 mai 2013

Cri de pauvre : Si tu prends soin de moi - Hubert Renard

Si tu espères en moi, même quand je doute,
Si pour m’accompagner, tu modifies ta route,
Si tu comprends sans mot mes peurs et mes soucis,
Si le geste convient et aussi la tendresse,
Si, avec moi, silencieusement, tu pries,
Le soleil de ta présence
Réchauffera mon corps endolori.

Comme le grain de blé tombé en terre
Devient herbe nouvelle au sortir de l’hiver,
Je comprendrai alors, qu’avec moi, tu choisis la vie.



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vendredi 26 avril 2013

Cri de pauvre : Auprès des grands malades - Entendu par un bénévole


Quand la menace pèse sur la vie,
Quand les traitements lourds m'entraînent 
dans une fragilité, une vulnérabilité,
à la fois physique et morale,
malade, dans l’impossibilité de me tirer d’affaire toute seule,
je suis bien incapable de demander de l'aide... 

Ma sensibilité est celle d’une écorchée vive ! 
Difficile pour toi de comprendre ce que je vis... 
Le mieux, dans ces moments, est de te taire
et de m'écouter avec affection. 

Ne t’attends pas d’être sollicité par moi :
J'en suis incapable,
Et puis, je ne veux pas déranger.
Prends, toi, l’initiative… 

Ne te repose pas sur les spécialistes,
les bénévoles ou les professionnels :
L’amitié, cela ne se délègue pas,
Pas plus que la véritable charité ! 

Viens me visiter,
Après avoir vérifié que c’est possible.
Téléphone-moi,
En laissant un message si ça ne répond pas : 
Je rappellerai si je le peux, si je le souhaite... 

Quand je me sens entraînée vers la mort,
Si je vois chaque jour se détruire mon corps.
Le moindre signe d'amitié,
Un sourire, un appel téléphonique...
sont un lien, des câbles
qui m'amarrent au monde des vivants !

Et, quand je m'en suis enfin sortie,
Jamais je n'oublie le petit mot qui m'a aidée,
les fleurs, la visite, qui m'ont permis de comprendre
que ma vie était très importante au moins pour toi !
J'ai pu m'y accrocher pour continuer à vivre.
C'est pourquoi je suis là, aujourd'hui, à te dire tout cela...

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vendredi 19 avril 2013

Cri de pauvre - Découverte du froid - Jean Rodhain

nébuleuse 4
- Photo "Nébuleuse 4" de Prince des Glaciers

Celui-ci, en fait de froid, ne connaissait que les sports d’hiver, 
avec l’air vif à l’heure du ski, 
mais avec, le soir, la chambre d’hôtel bien chauffée. 

Il a fallu que son immeuble parisien 
tarde à ouvrir ses radiateurs 
pour qu’il soit saisi d’un frisson inconnu... 

Il crie bien haut sa véhémente surprise 
de devoir travailler dans un bureau glacial. 
On lui fit remarquer que si c'était nouveau pour lui, 
cette froidure du domicile était depuis toujours 
le partage de centaines de milliers de vieillards et d’isolés. 

Il fut abasourdi de découvrir 
que 12 degrés étaient ainsi supportés par ceux-là 
tout au long de chaque hiver. 

Ce fut pour lui une découverte. 
Il avait entendu parler de ces cas douloureux, 
mais il les enregistrait 
comme les notions d’algèbre ou d’archéologie.

Mais en ce jour de novembre, pour la première fois de sa vie, 
il « réalisa » le froid ! 


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vendredi 12 avril 2013

Cri de pauvre : Quand je serais vieille - Anonyme


Mon Fils,
Si un jour tu me vois vieille,
si je me salis un peu quand je mange
et que je ne réussis plus à m’habiller toute seule,
soit compréhensif :
souviens toi du temps que j’ai passé pour t'éduquer...

Si, quand je parle avec toi,
je répète toujours les mêmes choses,
ne m’interromps pas, mais écoute moi plutôt :
quand tu étais petit je devais te raconter chaque soir
la même histoire avant que tu ne t’endormes.

Quand je ne voudrai pas me laver,
ne me fais pas honte :
mais souviens-toi plutôt 
quand je devais courir après toi
en inventant mille excuses
pour que tu prennes ton bain.

Quand tu verras mon ignorance 
pour les nouvelles technologies : 
ne me regarde pas avec ce sourire ironique, 
mais donne moi le temps nécessaire...
j’ai eu tant de patience pour t’apprendre l’alphabet.

Quand,  je n’arriverai pas parfois à me souvenir 
quand je perdrai le fil de la conversation, 
donne moi le temps nécessaire à retrouver la mémoire 
et si je n’y arrive pas, ne t’énerve pas : 
la chose la plus importante n’est pas ce que je dis 
mais le besoin d’être avec toi 
et de sentir que mon fils m'écoute.

Quand mes jambes fatiguées n’arriveront plus 
à tenir la cadence de tes pas, 
ne me considère pas comme un boulet, 
mais viens plutôt vers moi 
et offre moi la force de ton bras 
comme je l’ai fait lorsque tu as fais tes premiers pas.

Quand je te dirais que j'aimerais être morte, 
ne te fâche pas, un jour tu comprendras 
ce qui m'a poussé à le dire cela. 
Essaie de comprendre qu’à mon âge on ne vit pas : 
on survit.

Et un jour, tu découvriras que, malgré mes erreurs, 
je n’ai toujours voulu que le meilleur pour toi, 
et que j’ai toujours fait de mon mieux pour préparer ta route.


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jeudi 4 avril 2013

Vidéo 4 mn - Parole de SDF - Johnny Cashoula


- Publié par "Les enfants de Don Quichotte" -


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vendredi 29 mars 2013

Cri de pauvre : Pauvreté de notre société - Dominique Loreau

C'est notre société qui est pauvre.
Pauvreté de croire qu'être heureux, c'est posséder.
Pauvre de se laisser influencer par la publicité.
Pauvre d'accepter de se laisser perdre
dans l'engrenage de la compétitivité.
Pauvre de n'être pas libre de vivre plus simplement.
Pauvre de mettre une étiquette sur tout,
même sur la générosité.

La pauvreté ne se résume pas à un manque d'argent.
Elle signifie aussi manquer de qualités humaines,
spirituelles, intellectuelles.

Aider les autres,
c'est ne pas faire montre de ses richesses,
c'est vivre simplement
et respecter chaque être humain sans le juger.
C'est aussi faire en sorte
qu'il ne soit pas jaloux, amer ou envieux.


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vendredi 22 mars 2013

Cri de pauvre : Regard - Bernard Jährling


regard
- Photo "Regard" de Francine2007 - 


On est comme ça, nous :
quelqu'un qui te regarde,
tout de suite, tu te sens rejeté.
Tu sens leurs yeux sur toi.
Tu rentres dans un lieu,
tu vois les gens qui se retournent,
curieux, froids, méprisants...
Leur tête qui se détourne
quand tes yeux croisent les leurs.
Tu te sens un sac-poubelle
déchiré et puant.

- Extrait de "Pierre d'homme" -


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