dimanche 15 septembre 2013

Texte : Tisser la vie – Frédéric Ozanam

Nous sommes tous comme les ouvriers des Gobelins qui,
suivant les plans d' un artiste inconnu, 
s'appliquent à assortir les fils de diverses couleurs 
sur le revers de la trame. 

Ils ne voient pas le résultat de leur travail. 
C'est seulement quand tout est terminé 
qu' ils peuvent admirer à l' aise ces fleurs, ces figures, 
ces scènes splendides et dignes des palais des rois. 

Ainsi de nous : nous travaillons, 
nous souffrons ici-bas sans en voir le terme ni le fruit. 
Mais Dieu le voit, et quand Il nous relève de notre tâche, 
Il montre à nos regards émerveillés ce que Lui, 
le Grand Artiste invisible et présent partout, 
a fait de toutes ces fatigues qui nous semblent si stériles, 
et il daigne placer, dans Son grand palais,
ces faibles œuvres de nos mains".

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mardi 26 mars 2013

Texte : Les mains fertiles - Xavier Grall

Travail manuel
- Photo "Travail manuel" de jsnoyer -

Eh bien, oui, j'admire ceux qui savent travailler de leurs mains !
En cela, les jeunes compagnons qui restaurent ma demeure de Botzulan
me donnent une leçon de dignité et d'intelligence.
Il faut bien que notre système d'éducation soit des plus suspects,
qui divise les êtres en manuels et en intellectuels.
C'est une ségrégation absurde et injuste.

Ils connaissent le bois, la chaux, le ciment.
Ils portent en eux les vestiges d'une civilisation rurale
qui sut créer de la beauté à partir de la nécessité, voire de la pénurie...
Le beau est le fils de l'utile.
Et c'est pourquoi le luxe est très souvent père de la laideur et du mauvais goût.
Quel poème est jamais né dans le coeur de l'homme
qui n'était issu de sa douleur, de son inquiétude, de son déchirement ?

J'aurais aimé avoir cette science-là.
Mes pauvres mains sont ignorantes, claires et sans cal
elles n'ont jamais manié la truelle, elles n'ont jamais caressé la chair du chêne,
ces mains savent seulement faire courir une plume sur du papier.
Comme elles devraient se cacher de honte devant les mains vives, aimantes,
les mains artisanes, ouvrières de mes amis !

Nous devrions élever nos enfants dans les bois, face à la mer.
Et leur apprendre la pensée de la nature avant la pensée livresque.
Il ne devrait pas y avoir "les hommes-à-main" d'une part
et de l'autre les "grosses têtes".
Les uns les autres, nous devrions pouvoir travailler
avec notre corps et avec notre esprit.

Tout cela, quand c'est bien fait, c'est de la pensée, c'est aussi de l'amour.
Il y a une pensée dans une maison harmonieuse,
dans le linteau d'une cheminée, dans l'orientation d'une fenêtre.
Par contre, il n'y en a peut-être pas dans les mesquineries
des travaux bureaucratiques, dans la mécanique usinière.

Nous sommes venus pour créer
et les trois quarts des hommes, englués dans la fatalité industrielle,
ne le peuvent pas.
Que mornes sont ces temps !

Mains fertiles et savantes de mes camarades, je vous admire...



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mardi 5 mars 2013

Prière : Accomplir sa tâche - Robert Guelluy


Aimer Dieu concrètement,
c'est aimer ce qu'il nous donne à aimer.

Nous faisons de Dieu un être de rêve :
nous nous leurrons en tâchant de sortir de la banalité
par des attitudes très superficiellement originales ;
en réalité, le visage des choses banales
c’est le visage du Dieu caché.

Voir Dieu dans le devoir de chaque jour,
l'ordinaire quotidien, les déconvenues,
c'est accomplir sa tâche en y prenant goût,
l'aimer vraiment, avec tout nous-mêmes,
y compris notre sensibilité.

Voyant toutes nos tâches dans l'amour de Dieu,
nous comprenons que nous n'avons pas à faire
des choses non communes,
mais à faire non communément des choses communes.

Que notre effort soit donc paisible,
conduit dans la confiance et la reconnaissance.
Le but à poursuivre n'est pas de faire de nous un chef-d'œuvre,
mais d'aller à Dieu comme il le mérite.
Il s'agit moins pour nous de nous occuper à nous parfaire
que de nous oublier...


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mardi 26 février 2013

Texte : Le soin du détail - Jean Rodhain

Restauration d'une fenêtre à meneau
- Photo de Arnaud Julien : "Restauration" -

Pour ouvrir ma porte accidentée,
ce soi-disant serrurier s’agita toute la matinée.
Il lui manquait un outil. Il avait mal calculé ses dimensions.
Ses clefs ne correspondaient pas au modèle de serrure.
Quelle fatigue de constater tant d’incompétence.
Quelle tristesse devant l’absence de métier.
Quoi de plus lamentable qu'un travailleur qui ne sait pas travailler...
On le reconnaît à ce signe : il ne fait pas attention aux détails...

Pour cimenter le seuil de mon escalier,
le maçon du village a travaillé toute la journée.
Il sait tailler les dalles et en jointoyer exactement les arêtes.
Son tour de main est impeccable
et chaque coup de marteau ajuste la pierre rigoureusement.
Il n’y a pas une bavure dans la découpe,
ni un seul kilo de ciment gaspillé.
On contemple sans se lasser ce travail exact d’un homme de métier :
on le reconnaît au soin qu'il apporte dans chaque détail.

A Calcutta, j’ai visité les "mouroirs" de Mère Teresa.
Ces lieux sont marqués par l’absence de mobilier.
C’est une quasi-nudité dans l’équipement.
Mais la pauvreté du cadre est compensée
par une sollicitude continuelle et évidente.
Aucun confort, mais mille gestes de services rendus,
de prévenances et de présence.
Le souci du détail peuple ce vide qui sans cela serait désolation.


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vendredi 18 janvier 2013

Citation : Travail - Anonyme


Celui qui ne se repose pas fatigue les autres.
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