vendredi 3 mai 2013

Cri de pauvre : Si tu prends soin de moi - Hubert Renard

Si tu espères en moi, même quand je doute,
Si pour m’accompagner, tu modifies ta route,
Si tu comprends sans mot mes peurs et mes soucis,
Si le geste convient et aussi la tendresse,
Si, avec moi, silencieusement, tu pries,
Le soleil de ta présence
Réchauffera mon corps endolori.

Comme le grain de blé tombé en terre
Devient herbe nouvelle au sortir de l’hiver,
Je comprendrai alors, qu’avec moi, tu choisis la vie.



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vendredi 26 avril 2013

Cri de pauvre : Auprès des grands malades - Entendu par un bénévole


Quand la menace pèse sur la vie,
Quand les traitements lourds m'entraînent 
dans une fragilité, une vulnérabilité,
à la fois physique et morale,
malade, dans l’impossibilité de me tirer d’affaire toute seule,
je suis bien incapable de demander de l'aide... 

Ma sensibilité est celle d’une écorchée vive ! 
Difficile pour toi de comprendre ce que je vis... 
Le mieux, dans ces moments, est de te taire
et de m'écouter avec affection. 

Ne t’attends pas d’être sollicité par moi :
J'en suis incapable,
Et puis, je ne veux pas déranger.
Prends, toi, l’initiative… 

Ne te repose pas sur les spécialistes,
les bénévoles ou les professionnels :
L’amitié, cela ne se délègue pas,
Pas plus que la véritable charité ! 

Viens me visiter,
Après avoir vérifié que c’est possible.
Téléphone-moi,
En laissant un message si ça ne répond pas : 
Je rappellerai si je le peux, si je le souhaite... 

Quand je me sens entraînée vers la mort,
Si je vois chaque jour se détruire mon corps.
Le moindre signe d'amitié,
Un sourire, un appel téléphonique...
sont un lien, des câbles
qui m'amarrent au monde des vivants !

Et, quand je m'en suis enfin sortie,
Jamais je n'oublie le petit mot qui m'a aidée,
les fleurs, la visite, qui m'ont permis de comprendre
que ma vie était très importante au moins pour toi !
J'ai pu m'y accrocher pour continuer à vivre.
C'est pourquoi je suis là, aujourd'hui, à te dire tout cela...

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lundi 7 janvier 2013

Prière : Prière du soignant - Mère Teresa


Mon Dieu, puissé-je te voir aujourd'hui et chaque jour
Dans la personne de tes malades
Et te servir en les soignant.

Si tu te caches
Sous la déplaisante figure du coléreux,
Du mécontent, de l'arrogant,
Puissé-je encore te reconnaître et dire :
Jésus, mon patient, comme il est doux de te servir…

Ô Dieu, puisque tu es Jésus, mon patient,
Daigne aussi être pour moi un Jésus de patience,
Indulgent à mes fautes,
En tenant compte de l'intention,
Car elle est de t'aimer et te servir
Dans la personne de chacun de tes malades.

Seigneur, augmente ma foi,
Bénis mes efforts et ma tâche
Maintenant et à jamais.


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dimanche 25 novembre 2012

Prière : La prière du malade - Anonyme

Quand rien ne va plus
Et que je dis : "à quoi ça sert de se battre ?"
Je peux encore me tourner vers Toi,
Te prier et Te demander de m'aider.
Tu as mis en moi la passion de vivre et d'avancer,
Tu m'as choisi pour faire triompher la vie,
Tu ne peux pas me laisser tomber.

Seigneur, sois mon réconfort,
Apporte-moi cette bouffée d'espérance
Qui me soutiendra toute la journée.
Tu es mon compagnon d'attente des jours meilleurs.
Avec Toi je reprendrai la route de la vie
Et sans fin, je proclamerai Ton amour.



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mardi 2 octobre 2012

Texte : Toi qui me soignes - Anonyme

Que vois-tu, toi qui me soignes,
Que vois-tu?
Quand tu me regardes,
Que penses-tu?

Une vieille femme grincheuse, un peu folle,
Le regard perdu, qui n'y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais,
Qui, quand tu me dis d'une voix forte "essayez",
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas,
Qui, docile ou non, te laisse faire à sa guise
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise,
C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois?

Alors ouvre les yeux, ce n'est pas moi;
Je vais te le dire qui je suis, assise là si tranquille,
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux;
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des soeurs qui s'aiment entre eux.

Une jeune fille de dix ans, des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt, elle rencontrera un fiancé.
Mariée déjà à vingt ans, mon coeur bondit de joie
Au souvenir des voeux que j'ai faits ce jour-là.

J'ai vingt-cinq ans maintenant et un enfant à moi
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là.
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.

Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés;
Me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé.
Voici les jours noirs, mon mari meurt.
Je regarde le futur en frémissant de peur,
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs
Et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus.

Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle
Qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s 'en va, la grâce et la force m'abandonnent,
Et il y a maintenant une pierre là où jadis j'eus un coeur.

Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure
Dont le vieux coeur se gonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et, à nouveau, je sens ma vie et j'aime.
Je repense aux années trop courtes et trop vite passées,
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.

Alors ouvre les yeux, toi qui me soignes, et regarde
Non pas la vieille femme grincheuse.
Regarde mieux,tu me verras!
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