mardi 7 mai 2013

Texte : Les vacances - François Plouidy


Ils sont venus de Cambrai, de Rennes ou de Laval… 
Marie, Nadia, Thomas, Rachid et Natacha…
Ils ont quitté leurs cités, leurs H.L.M. et débarqué en Finistère, 
qui est le «Pen-ar-Bed» le «bout du monde.»

Des sourires d’hommes, de femmes, d’enfants, les ont accueillis, 
ces gamins doux, peureux, ou rebelles et nerveux !
Ils ont découvert, émerveillés, les arbres et les fleurs, 
les vaches, le chien et les lapins, les bords de mer, le sable, 
les rochers et la mer. Ils ont joué, ri, crié, pleuré.

Aujourd'hui, ils sont repartis vers leurs cités, leurs H.L.M, 
les yeux et le cœur remplis de soleil.
Elles ne sauront sans doute jamais, 
ces familles qui simplement, sans bruit, 
ont donné de leur temps, de leur cœur, 
ce qui, ces jours-là, aura germé au plus profond de ces gamins.
Qu’elles sachent qu’aucun geste d’amour n’est jamais perdu ! 

Libellés : , , , ,

jeudi 31 janvier 2013

Texte : Les talents - François Plouidy

Faisons une lecture un peu particulière de cette parole des "talents" : pensons aux personnes en difficulté que nous rencontrons et que nous accompagnons au Secours Catholique.

Les trois serviteurs de la parabole ont reçu des talents : un véritable trésor. Ces talents - du temps de Jésus, c'était une grosse somme d'argent - sont le symbole des capacités, des dons, des richesses intérieures que chaque personne a reçu. Chacun des trois serviteurs a reçu des talents ; certes les deux premiers plus que le troisième, mais le maître n'a oublié personne dans la distribution !

Nous avons tous reçu des possibilités, des capacités différentes. Comment, dès lors, peut-on dire à quelqu'un : " Tu n'es pas capable ; Tu n'arriveras jamais à rien !" C'est le mépriser lui et les richesses qu’il a reçues ! Comment ne pas lui donner l'occasion de parler, de partager ce qu'il vit ?

Reconnaissons nos talents, sans fausse humilité, sans nous enorgueillir. Ce sont autant de cadeaux de Dieu. Saint Paul dit : "Qu'as-tu, que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi t'en glorifier ?"
Toute personne possède des richesses intérieures à révéler. La tentation est grande de regarder avec condescendance les personnes en situation difficile, les jugeant d'après les apparences, les plaignant... Avec raison, ces personnes peuvent alors nous dire : "Nous aussi, on a des richesses, même si on n'a pas d'argent !"

Bien sûr, il n'est nullement question de tout idéaliser, mais lorsqu'on les regarde avec les yeux du cœur, on découvre parfois leurs qualités : leur sens du partage, leur courage ; et tant d'autres valeurs… mêlées à des vides terribles. C'est pourquoi il est bon de donner place et parole, dans des groupes, aux personnes souffrant de solitude et éprouvant un réel désir d'échanger, de soulager leur cœur, leur chagrin. C'est tellement bon et réconfortant de se mélanger aux autres…

Dans la parabole, le troisième serviteur a enterré son talent ; il ne l'a pas fait fructifier, par peur du maître... Ainsi, trop souvent, les richesses des personnes en situation difficile restent cachées. Les chocs de la vie, les échecs, les soucis ont contribué à les enfouir tout au fond de leur cœur. Au point qu'elles ne croient plus en elles, elles lâchent prise, se laissent couler...

Notre tâche de bénévoles est alors de leur redonner confiance, en leur disant : "Mais si ! Tu es valable ! Tu as des possibilités !" Aux croyants, on peut citer Isaïe :  Le Seigneur te dit : « tu as du prix à mes yeux… tu comptes pour moi... J'ai écrit ton nom sur la paume de ma main... » Alors, remet-toi en route..."

Notre tâche est d'accompagner ces personnes, pour que surgissent du fond d'elle-même ces talents enfouis et qu'elles les fassent fructifier. Et nous avons alors des surprises merveilleuses, en les voyant mettre en œuvre leurs capacités et se remettre debout…

Généralement, nous voyons apparaître ces transformations au terme d'un long cheminement. Petit à petit, la confiance revient, des choses se remettent en place, la vie de ses personnes change... avec des hauts et des bas, bien sûr... Et parfois il faut recommencer plusieurs fois la route avec elles... Leur accompagnement n'a des sens profonds que dans le long terme.

Soyons à leurs côtés, pour les aider à faire leurs démarches, pour leur donner le "coup de pouce" financier, l'énergie morale, la confiance en soi qui leur permettra de redémarrer.


Libellés : , , , , ,

vendredi 21 décembre 2012

Texte : Les cahiers de la vie - François Plouidy

Le livre de nos vies n’est-il pas semblable à un cahier d’écolier ?
Il y a les cahiers "grand format" 
C’est pour les grosses têtes, les grands personnages, 
ou ceux qui se croient tels ! 
Pour ceux qui font la une des magazines, 
ceux qui se croient, ceux qui en jettent… 
Mais gare à l’apparence : du clinquant, du toc, 
si à l’intérieur du cahier il n’y a rien !

Il y a les cahiers "format normal" : 
Ni trop grands ni trop petits, on a de quoi y écrire 
simplement, humblement, sans discours, 
les pages de nos vies. celles: 
Quelques unes déjà écrites, 
de belles pages, merveilleuses et pleines de couleurs. 
Et d’autres sales, tâchées, à moitié déchirées… 
Mais on n’y peut plus rien : c’est écrit, et la page est tournée.

Ainsi allons-nous tourner les pages de l’année qui finit. 
Elles sont ce qu’elles sont : pas de regrets, on n’y peut rien ! 
Et voici les pages blanches de l’année nouvelle ! 
A nous de les remplir !

Il y a des pages de toutes les couleurs. 
Mais, grâce à Dieu, nos yeux ne peuvent voir si ce sont des pages claires : 
des bleues, des vertes, des dorées … 
ou des grises, et même des noires, qu’importe ! 
Nous savons que nous connaîtrons des jours clairs et ensoleillés, 
et des jours ternes et gris, 
et nous l’espérons, très peu de jours noirs.

Sur ces pages, quelle qu’en soit la couleur, 
il nous faudra écrire. 
Écrire l’histoire d’une année de notre vie. 
Et personne ne le fera à notre place !

Et si nous demandions au Seigneur qu’il soit avec nous, 
pour que nous écrivions nos pages sagement, 
mais avec joie et enthousiasme, 
Avec l’encre de l’Amour !


Libellés : , , ,

samedi 24 novembre 2012

Texte : La rentrée - François Plouidy

Septembre...la rentrée et la reprise des activités,
qui ne les abordent avec des sentiments mêlés?

Avec la tête remplie de projets
que l'on veut mettre en route
et voir aboutir...
Avec le coeur plein d'espoirs...
Avec le désir de donner le meilleur de soi-même
au service des blessés de la vie...

Avec aussi peut-être une certaine appréhension
en mesurant la fatigue qui nous attend...
les soucis qui nous tomberont dessus...
la lassitude de voir les choses avancer si peu...
l'immensité de la tâche ...

Ne faut-il pas nous dire :
«Le Seigneur a besoin de moi,
pour aimer à travers moi.»

Et alors, lui confier notre bonne volonté
et lui demander de «passer » à travers nous ?


Libellés : , ,

samedi 17 novembre 2012

Texte : On ne voit bien qu'avec le coeur - François Plouidy


On connaît la phrase magnifique qu'Antoine de Saint-Exupéry
fait dire au renard s'adressant au petit prince :
"On ne voit bien qu'avec le cœur.
"L'essentiel est invisible pour les yeux."

La relation à l'autre, aux autres, est bien une question de regard ….
C'est là quelque chose d'essentiel pour tout un chacun,
mais plus encore pour nous, bénévoles du Secours catholique !

Chacun est sensible au regard que l'on porte sur lui .
Un regard distant …
et l'on se sent mis à l'écart, peu intéressant !
Un regard indifférent …
et l'on devient inexistant, inutile !
Un regard condescendant …
et voilà détruites l'estime de soi et la confiance en ses moyens !
Un regard méprisant…
et l'on se voit abaissé et nul !

Par contre,
un regard plein de respect …
et la dignité réapparaît !
Un regard de sympathie …
et le désir de fraternité monte du cœur !
Un regard aimant, avec un sourire au fond des yeux …
et le désir de vivre renaît !

Alors, point n'est besoin de discours…
Un regard qui va au-delà des apparences…
Et tout est dit !
Et la personne en face de nous
se sent vraiment quelqu'un !

N'était-ce pas le regard que Jésus posait
sur les blessés de la vie croisés sur son chemin ?


Libellés : , , ,

lundi 5 novembre 2012

Prière : Prière du bénévole - François Plouidy


Seigneur, quand je rencontre un de ceux
Que l'on appelle pauvres, exclus, marginaux….
Que jamais je ne voie en lui un "cas",
Mais quelqu'un à ton image et à ta ressemblance,
Qui a le droit d'être respecté comme moi.

Que jamais mon regard ne sois fixé,
Sur son allure extérieure, son visage délabré,
Où ses vêtements sales…
Mais que je rencontre quelqu'un
Que la vie, les événements, les hommes ont blessé.

Que jamais plus ou moins consciemment,
Je ne le regarde de haut,
Comme quelqu'un d'inférieur à moi,
Comme quelqu'un à assister,
Comme quelqu'un dont on ne pourra rien tirer.

Mais que je voie en lui un frère,
Et que nous parlions d'égal à égal.
Que je ne sois pas naïf,
Prêt à tout croire, tout bénir,

Mais que je sois conscient
Qu'il a en lui, comme j'ai en moi,
Sa zone d'ombre, de méchanceté,
De lâcheté, d'agressivité.

Que jamais, même s'il a replongé,
Même s'il m'a déçu, même s'il m'a roulé,
Je ne dise : "il s'en sortira jamais!"

Et s'il me prend l'envie de le juger,
Que résonne en moi ta Parole :
"Qui es-tu pour juger ?
Que serais-tu si tu avais dû passer par où il est passé ?"

Libellés : , , ,

jeudi 1 novembre 2012

Texte : Partager - François Plouidy

Partager, c'est diviser en plusieurs parts,
c'est donner à chacun sa part, la part qui lui revient,
sa part de pain, de fraternité, d'amour.
Partager, c'est une question de justice.
Partager, c'est rendre notre terre un peu plus humaine.

Car enfin, est-il possible qu'une terre soit humaine
où des vivants meurent de faim, de solitude
et de manque d'amour ?

Est-il possible qu'une terre soit humaine
où des vivants disparaissent, sans un cri,
du milieu de leurs frères,
parce qu'ils n'ont pas eu la part quotidienne
de pain, de présence et d'amour ? ...

Est-il possible qu'une terre soit humaine
où des vivants regardent leurs frères s'en aller à la faim
sans courir vers eux
et se partager pour eux comme du pain ? »
- Charles Singer -

Oui vraiment, partager, donner à chacun sa part,
c'est tout simplement une question d'humanité !

Libellés : , , ,

vendredi 5 octobre 2012

Texte : Bâtir une tour - François Plouidy

Bâtir une tour, c'était le projet de cet homme dont parle Jésus… Nous, ce n'est pas une tour que nous voulons bâtir, mais nous associer aux pauvres pour construire une société juste et fraternelle.

Si nous n'y faisons pas attention, nous risquons de perdre de vue le projet qui est le nôtre : nous risquons d'oublier l'utopie qui est la nôtre, la visée profonde du Secours Catholique, qui seule peut nous dynamiser et nous faire tenir malgré les difficultés de l'action.

Le projet de Jésus, c'était de "rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés".

Le nôtre, modestement, n'est il pas le même, quand nous voulons donner place et parole dans la société et dans l'église à ceux qui sont restés sur le bord du chemin, pour qu'ils retrouvent leur dignité d'hommes et de femmes, leur dignité d'enfant du père ? Que nous gardions à l'esprits ce merveilleux projet et nous aurons encore plus à cœur de travailler à sa réalisation.
_______________________________

Libellés : , , ,

mardi 2 octobre 2012

Citation : Se sentir aimé - François Plouidy

Vous savez, pour qu’une vie se transforme, pour être moins « pauvre », il suffit parfois seulement de se sentir aimé.
_______________________________

Libellés : , , ,

mardi 28 août 2012

Texte : Dix millions d'étoiles - François Plouidy


A ma fenêtre, je mettrai la petite bougie de la fraternité
et je serai proche de tous ceux-là
qui sont seuls au fond de leur solitude.

A ma fenêtre, je mettrai la petite bougie de l'espoir
et je serai proche de tous ceux-là
qui ont perdu confiance et ne croient plus en l'avenir.

A ma fenêtre, je mettrai la petite bougie de la solidarité
et je serai proche de tous ceux-là
qui refusent la misère et luttent contre toute exclusion.

A ma fenêtre, je mettrai ces petites bougies
et je serai proche de tous ceux-là
qui, à leurs fenêtres, ont posé leurs petites bougies
comme dix millions d'étoiles dans la nuit .

Libellés : , , ,

Texte : La fête du 60ème à Concarneau - François Plouidy


C'était à Concarneau...
C'était le 21 octobre...
Ce jour-là, nous étions ensemble,
Il n' y avait plus ni accueillants ni accueillis.
Nous étions tous ensemble à la fête de famille,
Unis, heureux et fraternels.

Ce jour-là, ensemble, nous avons vibré
Aux danses, aux saynètes, aux mimes et aux chansons,
Si longuement, si amoureusement préparées tout au long de l'année...
Qui disaient la quête de bonheur, le désir de fraternité,
La volonté d'une société plus juste et d'un avenir ouvert pour tous.

Ce jour-là, ensemble, nous avons tissé
La toile de l'accueil et de la convivialité,
La toile du " vivre-ensemble " et de l'Evangile partagé.

Au soir de ce jour-là, nous sommes repartis,
Décidés, les uns et les autres, à bâtir ensemble un avenir,
Un avenir pour les petits, les exclus, les rejetés,
Un avenir pour tous : notre avenir.

Libellés : , , , ,

Texte : Ecouter : un art ! - François Plouidy


Ecouter, dit le Petit Larousse, c'est "prêter l'oreille pour entendre".
J'apprête mon oreille... je la rends prête...
Je m'aprête à capter le chant des oiseaux,
Le bruit de la mer.
Je me prépare à entendre la voix d'un ami,
La voix du Seigneur.

Si je ne me suis pas préparé,
Si je n'ai pas apprêté mon oreille,
Si je ne me suis pas rendu attentif, tout centré sur l'écoute,
Si je ne prête qu'une oreille distraite,
Je reste en dehors,
Je n'entre pas dans le secret,
Je rate la rencontre...

Car écouter, c'est bien plus que recevoir des sons.
C'est "sentir le coeur et voir l'âme des choses...
A celui qui sait écouter, est donné de ne plus vivre à la surface :
Il communie à la vibration intérieure de tout être vivant". (A. Grommelaere)

Alors, comme le chante le Père Rimaud, avant toute rencontre avec la nature,
avec un frère, une soeur, avec une personne blessée,
Que je puisse entendre l'invitation du Seigneur :
"Prête l'oreille de ton coeur"

Libellés : , , ,

Texte : La charité - François Plouidy


Pourquoi le Secours catholique ?...
- Pour allumer le feu de la charité!, disait le Père Rodhain.

La charité ! Faire la charité ! Ah non , pas de çà !" direz-vous...
La charité, c'est la condescendance,
la supériorité dédaigneuse qui se penche avec commisération sur le sort des pauvres !
Faire la charité , c'est comme qui dirait jeter un os à un chien !

Eh bien, vous avez tout faux !
La charité... Caritas en latin... Agapè en grec...
c'est l'Amour avec un grand A.
l'Amour même qu'est Dieu
c'est l'Amour de Dieu qui passe par les mains, les lèvres, le coeur des hommes.
Et l'Amour de Dieu est attention, respect, délicatesse, bonté, douceur, paix , joie ...
La charité, c'est Dieu qui aime à travers nous !

Libellés : , , , ,

lundi 27 août 2012

Texte : L'arbre - François Plouidy


L'arbre, l'hiver, sous le ciel gris,
Élève ses branches froides et dénudées...
Les feuilles du printemps, avec les jours, ont jauni,
Et à l'automne, sont tombées.

L'arbre, l'hiver, sous le ciel gris,
A couleur de noir.
De lui, à tout jamais, croit-on, a fui la vie.

Ainsi, sur la croix, tel un arbre nu,
Les bras levés, les os disloqués,
Le cœur pareil à la cire,
Christ est mort...

Ainsi de la vie de celui, qu'en des temps troublés,
Des forces de nuit ont tué le bonheur
Et l'espoir en demain.

Mais l'arbre...au printemps,
Sous le ciel bleu, a reverdi
Comme une poussée de soleil.

Ainsi, le mort du Golgotha :
Comme l'arbre du printemps,
En lui, à tout jamais, la vie a refleuri.

Ainsi de tout homme qui paraît mort.
Du tréfonds de son être, peut éclater la vie
D'un nouveau printemps, sous la douceur d'un soleil.

Libellés : , , ,