jeudi 19 décembre 2013

Cri de pauvre : La mort d'un enfant - Roland Giraud

- Credit Image Creative commons -

J'ai connu la détresse.
Parce qu'un enfant, c'est la chair de sa chair.
Perdre un enfant, c'est le grand malheur par excellence.
Car c'est une chose qui n'est pas naturelle. ...

Les moyens de m'en sortir ? ...
On continue à vivre, à travailler.
On peut vivre blessé !
Même si, dans mon cas, beaucoup de gens
se sont mis à changer de trottoir.
De très bons copains m'évitaient,
et m'évitent encore,
parce qu'ils ne savent pas quoi dire.

Que dire au copain qui change de trottoir
neuf ans après la mort de Géraldine ?
j'ai envie de lui dire :
"si cela t'était arrivé à toi, je t'aurais appelé."
Je ne vois pas pourquoi on s'appelle
quand ça va bien, et pas quand ça va mal.
Quand ça allait bien, j'avais des dizaines de copains.

La compassion, c'est demander à l'autre :
"Y a-t-il quelque chose que je peux faire pour toi ?"
Oui, je pense que l'on doit partager la peine.
Cela fait partie de l'amour d'autrui.

- Lu dans le mensuel "Panorama" -

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samedi 2 novembre 2013

Texte : Finir de vivre n'est pas mourir d'avance - Paul Ricœur

La mort fait partie de la vie.
Mais il y a un danger dans notre société
c'est de considérer une tierce catégorie,
qui serait celle des mourants :
ni tout à fait vivant, ni tout à fait mort,
mais qui sont plutôt du côté des morts car on les appelle mourants.

C'est important d'associer le mot "vie" au thème de la souffrance
parce que c'est bien d'un vivant en fin de vie dont nous parlons,
et non pas de quelqu'un qui serait comme déjà mort.
La vie est aussi faite de souffrance physique et/ou psychologique...
Dans l'existence humaine, il y a nécessairement de la souffrance.
Nous avons un corps, et il est soumis à la maladie,
aux influences intérieures et extérieures, à la vieillesse,
et on ne peut pas prétendre échapper complètement à la souffrance.

Une vie qui ne connaîtra pas de malheur pourrait signifier
que l'on vit de manière très superficielle, très euphorique
et j'ajouterai même, très toxicomaniaque.
Alors comment faire disparaître la souffrance,
qu'elle soit physique ou psychologique ?
En se chargeant de médicaments,
en consommant des drogues pharmaceutiques,
dangereuses comme l'héroïne, le cannabis...

L'on ne peut pas être heureux
si l'on n'assume pas cette part de malheur.
Le bonheur n'est pas le contraire du malheur,
c'est la manière d'assumer le malheur.
C'est important de le dire car la souffrance dans la vie à mes yeux,
n'a pas le même statut que la souffrance dans les ultimes moments.
Votre discours concernant la fin de vie est de combattre la souffrance...
Lorsque l'on est certain que la mort va arriver bientôt,
la souffrance à ce moment-là, ne peut plus être un palier de l'existence,
elle ne peut plus être un malheur que l'on peut assumer.

La souffrance est vraiment quelque chose
qu'il faut combattre par tous les moyens.
La suppression de la douleur en fin de vie,
est prioritaire par rapport à la prolongation des jours.
À quoi ça sert d'ajouter des jours à la vie,
si l'on n'ajoute pas de la vie aux jours ?
Il devrait y avoir comme conséquence à ce soulagement de la douleur,
une diminution des jours à vivre.

Parce que l'objectif principal n'est pas
de prolonger la vie dans la souffrance,
mais de combattre la souffrance même si la vie doit en être écourtée.
Si ce principe est essentiel,
il ne doit pas être toujours respecté
dans le cas où le patient dit qu'il préfère souffrir un peu
pour rester lucide.

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jeudi 12 septembre 2013

Citation : Être fort - Madeleine Delbrêl

We must grind grain
- Photo "We must grind grain" de Sébastien Ernest

Il ne nous est pas demandé d'être forts aux moments de souffrance.
On ne demande pas au blé d'être fort quand on le broie
 mais de laisser le moulin en faire de la farine.
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samedi 15 juin 2013

Citation : La pire souffrance - André Malraux

La pire souffrance
est dans la solitude
qui l’accompagne.
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lundi 20 mai 2013

Cri de pauvre : Le handicapé - Guy Gilbert


Le handicapé souffre, autant moralement que dans sa chair.
La société l’enferme dans son corps,
Comme elle enferme le Noir ou le Jaune dans sa couleur.

Les incivilités commises contre les handicapés sont légion.
On voit juste qu’ils n’ont plus d’appuis sur leurs pieds, point barre !

Les voitures des bien-portants se garent à leur place ;
Leurs toilettes réservées sont toujours occupées, etc.

Personne ne semble imaginer combien leur vie quotidienne peut être compliquée.
La société crée le handicapé,
Comme le raciste crée le Noir ou le Juif.

Le handicapé est tout simplement un homme,
Une femme, un enfant, comme toi.

Ce qui le meurtrit, c’est surtout l’indifférence.
Comme s’il était contagieux…
Terrible sentiment de solitude !

Quand on reproche à un jeune son handicap,
On ne le regarde pas, on le juge.
Apprenez à le regarder
avec les yeux de l’émerveillement ! 

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lundi 28 janvier 2013

Citation : Le chagrin - Anonyme


Le chagrin regarde en arrière,
l'inquiétude regarde de tous côtés,
la foi regarde vers le haut.
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samedi 19 janvier 2013

Citation : Chaque épreuve - Anonyme


Chacune de nos épreuves est une pierre qui nous permet de progresser
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jeudi 27 décembre 2012

Texte : A toi qui souffres - Roman


A toi qui souffres 
Qui es au bord du gouffre 
A toi qui ne sens plus rien 
Si ce n'est ce vide 
ou ce trop plein… 

A toi qui es si seul 
Que personne ne remarque 
A toi qui voudrais hurler 
Pour que quelqu'un t'entende… 

A toi qui pleures 
Toutes les larmes de ton cœur  
A toi qui voudrais exister 
Au regard des autres…

J'aimerais te dire : 
Fais silence 
Ecarte ta raison 
Descends au plus profond de ton cœur : 

Là une toute petite flamme vit, palpite, 
prisonnière de tes sombres pensées... 
Cette petite flamme 
ne demande qu'à s'épanouir à la vie,
à ta vie... 

Ecoute-la !
Sens-la !
Vois-la !
Touche-la !
Goûte-la !
Laisse ton corps, temple de ton âme, l'accueillir. 
Et les chaînes qui t'entravent tomberont. 

Oui, la Vie est en toi 
Tu es Toi : 
Aime-Toi ! 

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jeudi 20 décembre 2012

Prière : Offrir ma souffrance - D'après Robert Guelluy

Quand j'offre ma souffrance à Dieu,
je deviens capable de la regarder en face
de ne pas y être pathologiquement trop sensible ou trop insensible
elle ne menace plus ma sérénité
je redeviens moi-même
elle ne m'est plus un blocage vers les autres
je ne suis plus tourné vers moi-même
je ne suis plus abattu ni aigri
je peux désormais aller de l'avant 

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mercredi 19 décembre 2012

Texte : La souffrance - D'après Robert Guelluy

La souffrance modifie mon comportement, m'éloigne de la Présence divine en moi. Si je choisis de la fuir :

  • En m'étourdissant dans le divertissement, dans le bruit de mes occupations : mon âme est alors accaparée par le monde extérieur. 
  • En me durcissant, en me raidissant, en me révoltant contre cette souffrance : mon cœur se ferme. 
  • en me décourageant, en me laissant écraser par elle : je n'ai plus d'amour.

Ignorer la souffrance, la nier, y succomber… sont de fausses solutions qui nous accablent encore plus.
Dieu nous donne de l'intégrer en nous comme partie incontournable de la vie, comme un chemin de progrès, d'évolution : l'accueillir, recevoir Dieu en elle, l'assimiler dans une nouvelle synthèse intérieure qui deviendra plus riche de lumière et d'amour, de capacité de comprendre et d'aimer.

Toute souffrance est une invitation à un approfondissement de l'âme, à un élargissement de notre faculté d'accueil. C'est une grande éducatrice. Elle est un lieu de rencontre avec le christ souffrant. Elle éclaire l'âme et la rend forte.

C'est souvent dans les échecs qu'il m'est donné de me reprendre vraiment en mains, de me rappeler au réel, de me permettre de retrouver Dieu et ainsi de me reconnaître et de dépasser mon égoïsme.



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samedi 1 décembre 2012

Prière : Prière d'un torturé - Miguel Brun


Seigneur Jésus, tu nous as appris à prier en nous adressant au "Père qui est aux cieux".
Mais aujourd'hui je voudrais t'adresser ma prière, à toi Jésus de Nazareth,
Car tout comme moi, en prison tu as connu la torture, les vexations,
La dégradation de la dignité, l'angoisse jusqu'à la désolation de l'âme.
A chaque pas de douleur sur le chemin de l'épreuve, j'ai ressenti ta présence.
Ce chemin-là n'était pas nouveau.
Tu étais passé par là, avant moi, et ton esprit m'entourait en me disant :
"Tu es à présent dans l'affliction, mais aie confiance, j'ai vaincu le monde !"
Merci, Seigneur, de nous porter dans tes bras. Amen.


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dimanche 18 novembre 2012

Prière : Quand je suis affamé - Mère Teresa


Seigneur, quand je suis affamé, 
Donne moi quelqu'un qui ait besoin de nourriture. 
Quand j'ai soif, 
Envoie-moi quelqu'un qui ait besoin d'eau. 
Quand j'ai froid, 
Envoie-moi quelqu'un à réchauffer. 
Quand je suis blessé, 
Donne-moi quelqu'un à consoler. 


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mardi 28 août 2012

Texte : Avec les doigts du cœur - Robert Riber


Quand la souffrance touche le corps,
C'est le cœur qui est le plus touché.
Quand la douleur blesse le corps,
C'est le cœur qui est le plus blessé.
Quand la lèpre défigure un corps,
C'est toujours le corps qui est défiguré.

Aujourd'hui, sur nos routes d'hommes,
Ils sont légion les lépreux du monde.
Mais, il suffit de si peu de chose,
Rien ou presque rien, tu sais...

Si tu veux relever ton frère,
Touche-le avec les doigts du cœur
Et son visage s'illuminera.
Touche-le avec les mots du cœur,
Même s'il est abattu.
Tu verras, il se lèvera.

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