vendredi 13 décembre 2013

Texte : Banalité du bien - Matthieu Ricard

Un mendiant reçoit deux billets de 50 roupies
- somme relativement conséquente au Népal -
il en donne la moitié à son compagnon d'infortune.

Une infirmière épuisée
après une nuit de garde éprouvante
reste néanmoins quelques heures de plus
pour assister un mourant qui part seul.

Ma sœur, Ève, qui s'est occupée toute sa vie
d'enfants en difficulté,
n'a jamais hésité à se lever en pleine nuit
pour accueillir un enfant qui fuguait.

Dans le métro, un Maghrébin, percevant l'angoisse
d'une voyageuse qu'il ne reverra jamais,
lui murmure : "Ne t'inquiète pas, ma fille,
ça va passer."

Au terme d'une journée trop remplie,
un ingénieur rentre de son bureau
et fait 500 m de plus pour montrer
à un étranger perdu dans la capitale
le chemin de son hôtel.

On a pu parler de la "banalité du mal".
Mais l'on pourrait aussi parler
de la "banalité du bien" en se représentant
les mille et une expressions de solidarité,
de prévenance et d'engagement
en faveur du bien d'autrui
qui jalonnent nos vies quotidiennes
et exercent une influence considérable
sur la qualité de la vie sociale...

Le bien de tous les jours est anonyme ;
Il ne fait pas la une des médias
à la manière d'un attentat,
d'un crime crapuleux,
ou de la libido d'un homme politique.
S'il y a "banalité" c'est encore le signe
que nous sommes tous potentiellement capables
de faire du bien autour de nous.


Libellés : , , ,

jeudi 14 novembre 2013

Texte : La gentillesse- Anonyme

Un bonjour, une gentillesse,
C’est une prévenance, une caresse,
C’est un merci, une promesse,
C’est un petit rien, pour faire plaisir,
C’est un geste tendre, un sourire,

C’est ce qui rend la vie plus belle,
C’est ce qui donne au cœur des ailes,
C’est une partie de l’amour, de l’amitié,
C’est ce qui fait sentir que l’on est aimé,

C’est le rappel d’un souvenir commun,
C’est le sentiment de ne faire plus qu’un,
C’est l’essence même de la vie,
C’est ce qui disperse et tue l’ennui,

C’est quelqu'un qui s’informe de toi,
C'est penser à l’autre et s’oublier…

Libellés : , , , , ,

vendredi 9 août 2013

Texte : Le cocon du papillon - Anonyme

Papillon
- Photo "Papillon" de Kermitfrog -

Un jour, apparut un petit trou dans un cocon.
Un homme, qui passait par hasard, s’arrêta des heures
à observer le papillon, qui s’efforçait de sortir par ce tout petit trou.

Après un long moment, le papillon semblait avoir abandonné,
et le trou était toujours aussi petit.

Alors l’homme décida d’aider le papillon :
il prit un canif et ouvrit le cocon.
Le papillon sortit aussitôt.
Mais son corps était maigre et engourdi ;
ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine.

L’homme continua à observer,
pensant que, d’un moment à l’autre les ailes du papillon s’ouvriraient
et seraient capables de supporter son corps pour qu’il prenne son envol.

Il n’en fut rien !
Le papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre
avec son maigre corps et ses ailes rabougries.
Jamais il ne put voler.

Ce que l’homme,
avec son geste de gentillesse et son intention d’aider ne comprenait pas,
c’est que le passage par le trou étroit du cocon
était l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps
à ses ailes de manière à pouvoir voler.
C’était le moule à travers lequel la vie le faisait passer pour grandir et se développer.

Plusieurs leçons sont à tirer de cette histoire :
Pour le jeune homme plein de compassion irréfléchie…
Pour la patience souvent indispensable à certaines maturations de la vie…
Pour l’effort nécessaire à l’épanouissement de la vie…
Pour… (à vous de continuer…)


Libellés : , , , ,

lundi 21 janvier 2013

Prière : Pour celui que j’accompagne – Xavier de Chalendar


Il a pris rendez-vous, il va venir demain,
Qui est-il ? Que désire-t-il ?
Il a faim, il a soif, il souffre,
Il est heureux, il s'interroge…

Dieu, rends-moi attentif, bienveillant, judicieux,
Aide-moi à bien entendre ses désirs et ses peurs.
Je te prie déjà pour lui, mystérieuse image de toi.

II sonne, il frappe, il ouvre, il entre, c'est lui !
Le sourire aux lèvres, les larmes aux yeux,
les mains jointes en quête de sens et de calme,
il respire, il bouge, il parle, ii se tait…

Dieu, aide-moi à l'écouter avec attention, sans tension.
Inspire-moi les bonnes questions à lui poser,
comme Jésus le faisait si bien: "Que cherches-tu ?"
Aide-moi à lui transmettre la bonne nouvelle
qui, d'un mot, peut ouvrir le cœur.

Il est parti, reviendra-t-il ?
Dieu, merci pour la qualité de cet échange,
merci pour ce temps de marche avec ce compagnon.
Pardon pour mes inattentions, mes indiscrétions,
mes erreurs, mes maladresses...

S'il te plaît, que je ne l'oublie pas dans ma prière,
Que je ne l’oublie pas au fil des jours…


Libellés : , , , ,

mardi 20 novembre 2012

Texte : Inutile ? - Jacqueline Leblois


Elle dit qu'elle ne fait rien ! Pourtant, elle fait partie d’un groupe (de parole, de réflexion, de convivialité…), cela lui donne du dynamisme, envie de faire quelque chose où l’on s’entraide les uns les autres. Si elle participe à une chorale, un groupe de théâtre, elle donne de la joie à ceux qui écoutent.

Elle ne fait rien qui se voit, mais elle est toujours disponible pour donner un coup de main…
Elle aide beaucoup sa famille : elle garde les petits, elle assure le repassage pour sa fille qui travaille…
Elle accompagne une personne handicapée pour faire ses courses ou ses démarches…
Elle passe du temps auprès de son papa malade…
Elle visite une personne isolée…
Elle jardine et donne fruits, légumes et fleurs à ses voisins…

Cela ne se voit pas beaucoup tout cela, mais ce qu’elle apporte aux autres est précieux.

Sa santé l’empêche de faire des choses ? Mais elle est toujours disponible pour écouter les gens, écouter tout simplement ceux qui ont envie ou besoin de parler…
Elle a su remarquer ce vieil homme assis sur son banc tout seul : elle a pris le temps de s’asseoir tranquillement à côté de lui, et a su entamer la conversation, l’air de rien…
Elle écrit ou téléphone régulièrement à des personnes isolées, à des prisonniers : un contact, cela fait toujours plaisir…
Et son sourire… Il fait du bien rien qu’à le voir…
Et si elle croit en Dieu, elle prie pour toutes les personnes qu’elle rencontre, et tous les isolés, les malades qu’elle connaît…

Il y a toujours à faire pour rendre le monde plus humain. Chacun de nous a son rôle à jouer, chacun peut participer à des actions humanitaires, par exemple :
 collecter des denrées pour la Banque alimentaire ;
 vendre des lumignons pour le Secours Catholique…
Combien d’associations ne pourraient plus fonctionner s’il n’existait des milliers de gens comme elle, qui donnent de leur temps et s’investissent de tout leur cœur et de toute leur compétence pour autrui !


Libellés : , , , , , ,

dimanche 18 novembre 2012

Texte : Les belles âmes - Yves Duteil


Les belles âmes, qui vous inspirent une confiance à toute épreuve, un mélange d'estime, d'admiration et d'amitié profonde, au-delà de l'affinité, laissent une impression de clarté et de bienveillance qui ne vous quitte plus. Même loin de la perfection, pétries de défauts, de faiblesses ou de cicatrices, leur lumière filtre au travers des blessures.

Ces être-là ne sont pas légion. Notre instinct, souvent, les reconnaît au premier regard. Elles nous marquent orientent notre route et nous en font parfois changer. Un vrai regard en dit plus long qu'un beau discours. La justesse ne s'invente pas. Elle transparaît entre les mots, les expressions inconscientes, les gestes.

Un bon comédien pourra donner le change à nos esprits, mais nos cœurs resteront à quai. La confiance ne se décrète pas et les coachs les plus habiles ne peuvent lifter une âme pour en gommer la noirceur. A l'issue d'une rencontre, on se reproche souvent ce qu'on a mal exprimé, oublié, raté. Mais si l'on a touché, ému, attendri, ouvert la porte, alors les âmes aussi se sont parlées, même si leurs mots délicats, leur langage discret, ont été souvent imperceptibles à nos oreilles sous le tintamarre du quotidien.

Lorsqu'une belle âme croise notre existence, sa bienveillance laisse un sillage d'humanité différent, une intuition persistante que l'on n'oublie pas. On n'en rencontre que quelques-unes sur la durée d'une vie. Inlassablement, au-delà des apparences, leur nature profonde rejaillit sur leurs actes et leurs paroles sonnent juste. Veilleuses, éveilleuses, elles restent fidèles à leur éthique personnelle, face aux excès d'une société d'adversité où la lumière a du mal à se frayer un sentier entre la malveillance et la rumeur.

Pourfendeuses des intérêts obscurs, elles sont en butte à des attaques frontales, à des coups tordus. Leurs combats posent des jalons sur la route de l'humanité, et si l'empreinte de leur vie n'est pas toujours écrite dans le livre de notre Histoire, leur lumière reste visible comme celle des étoiles lointaines, longtemps après que leur flamme s'est éteinte.

Les belles âmes nous entourent, célèbres ou anonymes, et leurs visages sont sans doute ceux auxquels on pense au moment de quitter ce monde... 


Libellés : , , , ,

Texte : Les trois tamis - Socrate


Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
  • Ecoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit... 
  • Arrête ! interrompit l'homme sage. Avant de me raconter cela, l'as-tu passé à travers les trois tamis ? 
  • Trois tamis ? dit l'autre rempli d'étonnement. 
  • Oui, mon ami : trois tamis : le premier est celui de la vérité ; as tu vérifié si c'est vrai ? 
  • Pas vraiment, je l'ai entendu dire et... 
  • Bien ! Mais tu l'as sûrement fait passer par le second tamis, celui de la bonté : si ce n'est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ? 
Hésitant, l'autre répondit :
  • Non, ce n'est pas quelque chose de bon, au contraire... 
  • Hum ! dit le sage, essayons de nous servir du troisième tamis, ce que tu as envie de me dire, est utile de le raconter ? 
  • Utile ? Pas précisément... 
  • Eh bien ! dit Socrate, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir et, quant à toi, je te conseille de l'oublier ! 


Libellés : , , , ,

samedi 17 novembre 2012

Texte : Changer le regard - Anonyme


Regarder, c'est plus que voir.
Dans le mot regarder, il y a le mot garder.
On garde une image de quelqu'un.
On garde le souvenir de quelqu'un.

Regarde, c'est mettre tout son être en action.
C'est se mettre à l'affût de l'autre.
L'attendre, le guetter, le surprendre.
C'est lui donner toutes ses chances.

Un regard d'amour,
C'est fou ce que ça peut changer une vie
Un regard de haine,
C'est fou ce que ça peut détruire.

Il est des regards qui vous éveillent,
D'autres au contraire qui vous glacent.
Il est aussi des regards distraits
Qui vous affleurent à peine.

Mais il en est d'autres qui vous font naître,
Ces regards là, ne vous jugent pas,
Ils vous disent, complices :
"Mais vas-y n'aie pas peur !"

Ces regards vous aident
À vous risquer au-delà de vous.
Un peu comme le regard de Dieu,
Un Dieu qui aime, un Dieu qui pardonne.

Notre regard devient alors à son tour
Regard de bonté, de tendresse, de pardon.
Et nous voilà réconciliés avec nous-mêmes,
En paix avec les autres,
Transformés à cause du regard de l'autre.


Libellés : , , ,