lundi 30 décembre 2013

Texte : L’automobiliste – Gustave Thibon

Country roads
- Photo "Country Roads" de Claudine Booth

On se croise,
on se suit,
on se dépasse,
on ne se rencontre pas
sauf sous la forme brutale de la collision...
Et l'aimable coup de chapeau
fait place au furieux coup de klaxon.
Ce chauffeur qui, sur une route sinueuse,
roule trop lentement devant nous,
ce n'est plus notre prochain
mais un obstacle ambulant,
une cause d'embouteillage,
un mangeur de moyenne, etc.
Tout sauf un être humain
auquel on concède le droit d'admirer le paysage...


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vendredi 29 novembre 2013

Texte : Non à une économie de l'exclusion - Pape François

De même que le commandement
de “ne pas tuer”
pose une limite claire
pour assurer la valeur de la vie humaine,
aujourd'hui, nous devons dire
“non à une économie de l’exclusion
et de la disparité sociale”.
Une telle économie tue.

Il n’est pas possible que
le fait qu’une personne âgée
réduite à vivre dans la rue et meure de froid,
ne soit pas une nouvelle,
tandis que la baisse de deux points en bourse
en soit une.
Voilà l’exclusion.

On ne peut plus tolérer
le fait que la nourriture se jette,
quand il y a des personnes
qui souffrent de la faim.
C’est la disparité sociale.

Aujourd'hui, tout entre dans le jeu
de la compétitivité et de la loi du plus fort,
où le puissant mange le plus faible.
Comme conséquence de cette situation,
de grandes masses de population
se voient exclues et marginalisées :
sans travail, sans perspectives,
sans voies de sortie.

On considère l’être humain en lui-même
comme un bien de consommation,
qu’on peut utiliser et ensuite jeter.
Nous avons mis en route la culture du “déchet”
qui est même promue.

Il ne s’agit plus simplement
du phénomène de l’exploitation et de l’oppression,
mais de quelque chose de nouveau :
avec, l’exclusion reste touchée, dans sa racine même,
l’appartenance à la société dans laquelle on vit,
du moment qu’en elle
on ne se situe plus dans les bas-fonds,
dans la périphérie, ou sans pouvoir,
mais on est dehors.

Les exclus ne sont plus [considérés comme] des ‘exploités’,
mais [comme] des déchets, ‘des restes’.
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- Extrait de la nouvelle encyclique "Evangelii Gaudium" -
  Pour la lire au complet, cliquer ici.

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lundi 7 octobre 2013

Citation : L’exclusion- Thibault Hauthuille

Les trois amis
- Photo "Les trois amis" de chris.paul74 -

Jusqu'où faut-il être descendu
 pour que la ré-humanisation
 passe par le regard d'un chien ?

Entendu à Diaconia 2013
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mercredi 28 août 2013

Citation : Être chez soi - Stephen King


Être chez soi, c'est regarder la lune se lever
sur la vaste terre endormie
et pouvoir appeler quelqu'un à la fenêtre
pour la contempler ensemble.
On est chez soi quand on danse avec les autres
et quand la vie est une danse.
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samedi 24 août 2013

Citation : Si l'amour et la tendresse - Anonyme


je t'adore mon gran.dad
- Photo "je t'adore mon gran.dad" de Beatrice BL -

Si l’amour et la tendresse ne sont pas entourés
De ces milliers de gestes de la vie
Indispensables à leur survie,
Le désir d’aimer s’étiole
Ou étouffe par manque d’oxygène.
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vendredi 29 mars 2013

Cri de pauvre : Pauvreté de notre société - Dominique Loreau

C'est notre société qui est pauvre.
Pauvreté de croire qu'être heureux, c'est posséder.
Pauvre de se laisser influencer par la publicité.
Pauvre d'accepter de se laisser perdre
dans l'engrenage de la compétitivité.
Pauvre de n'être pas libre de vivre plus simplement.
Pauvre de mettre une étiquette sur tout,
même sur la générosité.

La pauvreté ne se résume pas à un manque d'argent.
Elle signifie aussi manquer de qualités humaines,
spirituelles, intellectuelles.

Aider les autres,
c'est ne pas faire montre de ses richesses,
c'est vivre simplement
et respecter chaque être humain sans le juger.
C'est aussi faire en sorte
qu'il ne soit pas jaloux, amer ou envieux.


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dimanche 24 mars 2013

Prière : Donne-moi tes yeux - Évariste Leblanc


Seigneur, tu as ouvert les yeux
de l'aveugle de Jéricho.
Viens accomplir une autre merveille,
celle d'ouvrir mes yeux.
J'ai besoin de regarder,
comme tu sais si bien regarder.

Seigneur, donne-moi ta lumière.
Fais-moi voir les autres
avec des yeux tout neufs,
avec tes yeux.
Avec des yeux humbles,
des yeux qui pardonnent.
Des yeux pleins de tendresse,
des yeux qui respectent,
des yeux qui aiment.

Seigneur, donne-moi ta lumière
A moi qui te connais,
mais qui ne sais pas te reconnaître
dans les personnes que je rencontre,
dans le pauvre, l'handicapé,
le découragé, le SDF.

Comme c'est difficile de te reconnaître
dans les évènements de chaque jour,
dans les épreuves, dans le succès,
dans l'échec, dans les joies, dans les peines;
dans mes frères et soeurs.

Seigneur, donne-moi ta lumière
Donne- moi tes yeux,
Et mets ta paix et ta joie dans mon coeur.

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samedi 9 février 2013

Citation : Pour grandir - Elisabeth Kübler-Ross


Pour grandir vous n'avez pas forcément besoin
de guides spirituels ou de gourous.
Vos maîtres se présentent sous des masques divers,
un enfant, un malade en phase terminale, une femme de ménage...
Aucune théorie au monde ne vaudra jamais
la parole d'un être humain qui vous ouvre son cœur.
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dimanche 18 novembre 2012

Texte : Les trois tamis - Socrate


Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
  • Ecoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit... 
  • Arrête ! interrompit l'homme sage. Avant de me raconter cela, l'as-tu passé à travers les trois tamis ? 
  • Trois tamis ? dit l'autre rempli d'étonnement. 
  • Oui, mon ami : trois tamis : le premier est celui de la vérité ; as tu vérifié si c'est vrai ? 
  • Pas vraiment, je l'ai entendu dire et... 
  • Bien ! Mais tu l'as sûrement fait passer par le second tamis, celui de la bonté : si ce n'est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ? 
Hésitant, l'autre répondit :
  • Non, ce n'est pas quelque chose de bon, au contraire... 
  • Hum ! dit le sage, essayons de nous servir du troisième tamis, ce que tu as envie de me dire, est utile de le raconter ? 
  • Utile ? Pas précisément... 
  • Eh bien ! dit Socrate, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir et, quant à toi, je te conseille de l'oublier ! 


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samedi 17 novembre 2012

Texte : Richesse de la relation - Soeur Emmanuelle

J’ai vécu vingt-deux ans dans un bidonville et ce qui m’a vraiment frappée, c’est que là-bas, on n’a rien, mais rien de rien ! Maintenant, on a construit, on a transformé, mais quand je suis arrivée, il y avait des cabanes où l'on vivait à dix, douze personnes. Pas de magasin, pas de cinéma. On ne voyait pas un jouet, ça n’existait pas. Et pourtant il y avait une vraie joie. Personne ne se plaignait. Les gens riaient beaucoup. Tout le monde prenait la vie comme elle était. Moi, c’est tout de même curieux, mais je n’ai jamais ri comme j’ai ri dans le bidonville.

Quand je suis revenue en Europe, naïve, j’ai pensé que j’allais trouver les gens au summum du bonheur de vivre. Au lieu de ça, j'ai trouvé la morosité. Je ne dis pas que tout le monde est morose, bien sûr que non. Mais une grande part des Européens le sont. Et jamais je n’ai vu chez les enfants cette bonne humeur que je voyais au bidonville. Chez les chiffonniers, c'est fou ce que les enfants peuvent rire. Ici, ce n’est pas la même joie de vivre. On demande toujours autre chose, il faut toujours plus...

Alors j’ai cherché, j'ai interrogé et rencontré pas mal de personnes et finalement j’ai trouvé une formule dans Aristote qui m’a paru excellente. Aristote dit que l’homme est un animal qui vit en relation : l’homme a un besoin vital de relations. Et cela m’a fait bien comprendre que dans un bidonville, comme il n’y a rien, la relation a une force incroyable ! Tout le monde se connaît, s’appelle par son nom. Là-bas, au Caire, j’aurais pu boire du thé toute la journée parce que chaque voisin qui passe vous invite à prendre un verre de thé.

On se bagarre aussi ! Et puis on se réconcilie. On se fait l'accolade, on prend le thé ensemble et c'est fini. La clé du bonheur, c’est la relation. Chez nous, chez les chiffonniers, les gens sont en relation permanente. Ici en Europe, sur un même palier, il peut arriver qu'on ne se dise même pas bonjour ! Je crois qu'il faut retrouver la richesse de la pauvreté.

Attention, je ne dis pas qu'il faut être pauvres, mais simplement moins accrochés à ce que nous possédons. Il est tout à fait normal qu’on ait un certain confort chez soi, une voiture, c’est évident, une télévision, pourquoi pas ? C'est utile. Le problème, c’est que toutes ces choses matérielles ne sont pas le but de la vie. La pub vous dit toujours : "Tu dois toujours avoir quelque chose de mieux". Il ne faut pas se laisser "asservir". Il faut savoir que le but de la vie n’est pas d’avoir plus de luxe, plus de plaisir, plus d’argent. Mais que le but de la vie, c’est de vivre en harmonie avec son prochain, avec les autres.


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